Couverture numéro 122

29 ANS PLUS TARD

FAUX DÉPART…

Coïncidence. Depuis le premier numéro de Nuit blanche, je souhaitais la quadrichromie. La voici enfin, au moment où je m’apprête à quitter la direction du magazine. Ce qui hier encore était exorbitant en regard de nos moyens devient soudainement accessible.

Couleurs ou pas, je laisse à Suzanne (qui s’est jointe à l’équipe il y a quatre ans) ces multiples tâches que j’ai assumées depuis 1990, moment où j’ai pris la direction du magazine que j’avais cofondé en 1982. Mais c’est un « faux départ » puisque je demeure la graphiste de Nuit blanche, car graphiste de formation je suis. Depuis bientôt trente ans, entre autres occupations et préoccupations, je m’emploie à cette tâche bien particulière : mettre en valeur les textes, les faire respirer… Donner envie de lire, tout simplement.

Il n’y a pas que la couleur qui fasse son entrée dans ce numéro. Approfondissant notre intérêt pour les littératures franco-canadiennes, nous lançons une nouvelle rubrique consacrée aux écrivains des communautés francophones hors Québec. De Moncton, David Lonergan présente France Daigle et recense deux récentes parutions franco-ontariennes. D’Acadie également, la Néo-Écossaise Georgette LeBlanc signe un « Livre jamais lu » qui salue une homonyme française née un siècle avant elle. La jeune Georgette raconte aussi les prémices de sa carrière : « Comment écrire ? Comment choisir ? Quelle langue choisir ? »

Avec François Ouellet, nous (re)découvrons Les vivants, les morts et les autres de Pierre Gélinas de même qu’un Québec littéraire et social de la fin des années 1950, loin des clichés habituels. Laurent Laplante poursuit son examen des publications ayant émergé du 40e anniversaire de la crise d’Octobre : « À chacun son Octobre 1970, mais décantation en net progrès »…

Par Linda Amyot, une grande entrevue avec Jean-François Beauchemin pour qui « la langue écrite est un objet tout aussi important (et peut-être plus !) que l’intrigue qu’elle crée ». Par Andrée Ferretti, l’Suvre essentiellement littéraire, toute philosophique soit-elle, de Louky Bersianik. Avec Yvon Poulin, nous parcourons la vie d’un homme dévoré par ses contradictions, le « camarade-poète » Maïakovski, tandis que Patrick Bergeron tire de l’oubli la romancière française Renée Dunan.

Bonne lecture ! NB

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