Couverture numéro 117
ZONES D’INFLUENCE

 

« Je ne suis qu’un illustre inconnu un faiseux de vers qui n’existe que pour être pauvre et humilié une médaille autour du cou et être montré du doigt lorsqu’on cherche quelqu’un d’inutile. »

Danny Plourde, Calme aurore (s’unir ailleurs du napalm plein l’oeil)

Un an déjà que la voix d’Hélène Pedneault s’est tue. Nul doute que « l’influence de ses écrits n’est pas encore mesurable ». Dans ce numéro d’hiver de Nuit blanche, une autre grande militante indépendantiste rend hommage à celle qui fut chroniqueuse au magazine féministe d’actualité La vie en rose, entre autres nombreuses tribunes ! C’est l’« écrivaine avant tout » que nous fait découvrir Andrée Ferretti : une combattante qui connaissait bien la puissance des mots, « leur implacable capacité de déstabilisation des pouvoirs usurpés ».

Michèle Bernard propose de troquer l’éternel débat sur l’existence d’une littérature dite de femmes pour le plaisir tout simple de partager témoignages et essais d’écrivaines actuelles. Tour d’horizon d’une dizaine de parutions récentes dans « Femmes et féminisme au Québec ». Suit une entrevue avec l’une des grandes figures du féminisme français : Benoîte Groult.

De diverses façons, la notion de pays traverse ce numéro. Danny Plourde n’a pas trente ans, mais il « a porté le vieux flambeau de Miron ». Dans « Le poète pas d’pays », Judy Quinn rend compte de Vers quelque (sommes nombreux à être seul), Calme aurore (sunir ailleurs, du napalm plein lœil) et Cellule esperanza (n’existe pas sans nous).

« Magnifique travail littéraire et historique » selon Laurent Laplante qui commente Les éditeurs québécois et l’effort de guerre, 1940-1948 de Jacques Michon. Roland Bourneuf, quant à lui, a lu De la prison à la chambre, Essai sur les frontières humaines.Philippe Mottet y aborde, « selon l’allure et le ton de Montaigne dont il se réclame », la transmission, d’une génération à l’autre, de la vie de l’esprit.

François Ouellet présente l’histoire singulière et l’œuvre atypique de Roger de Lafforest (1905-1998), aujourd’hui complètement oublié. « Un de plus […] qui ne mérite vraiment pas son sort. » Ses romans Kala-Azar et Les figurants de la mort offrent un séduisant métissage de surréalisme et d’exotisme.

« Amour sacré » est le titre qu’a choisi Hélène Gaudreau pour son article consacré à Paradis conjugal d’Alice Ferney et à La femme promise de Jean Rouaud. « Chacun à sa façon, en insistant qui sur la fragilité du désir qui sur les fantômes du passé, ces romans font l’éloge de l’amour. » Enfin, Le livre jamais lu donne cette fois la parole à Éric Simard, auteur des romans Cher Émile et Martel en tête ainsi que du récent recueil de nouvelles Être.

 

Nelly Arcan : Noir sur noir

 

Dans le « petit froid » d’octobre dernier, le poète Renaud Longchamps est allé à Lac-Mégantic rendre un dernier hommage, comme on dit, à l’écrivaine « àl’impérieuse beauté urbaine ». Il signe pour Nuit blanche un texte d’une lucidité tout humaine inspiré par le geste de celle qui, écrit Longchamps, a choisi de « déshabiter le pays ».

 


Couverture : Sans titre de Claudie Gagnon, 1996, collage
Photo: Daniel Roussel, Expression, Centre d exposition de Saint-Hyacinthe

Artiste en arts visuels à la démarche singulière et audacieuse, Claudie Gagnon est surtout connue pour ses tableaux vivants ainsi que pour ses installations, assemblages inattendus et fascinants d objets usuels. Une publication couvrant ses 20 ans de carrière est parue en 2009 (voir « Claudie Gagnon : Objets de considération », p. 54). En novembre dernier, au Musée de la civilisation (Québec), Claudie Gagnon créait Les mécaniques célestes, son deuxième spectacle-installation destiné au jeune public et produit par le Théâtre des Confettis pour qui elle a aussi conçu Amour, délices et ogre qui a notamment été présenté en Chine, au Japon et en Allemagne.

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Fiction