Couverture numéro 114

Sans remettre en question l’indéniable esthétisme du Moulin à images de Robert Lepage, le premier article de ce numéro replace toutefois l’engouement qu’a suscité cette Œuvre dans une perspective critique. Sous la rubrique « Idées à découdre », le sociologue Joseph Yvon Thériault se prononce sur un silence entendu autour de la portée historique du fameux Moulin.

Laurent Laplante salue l’élégance dont fait preuve Daniel D. Jacques qui, dans La fatigue politique du Québec français, aborde un épineux sujet : celui de l’agonie de la ferveur souverainiste. Invitation, entre autres, à une relecture de la Révolution tranquille.

À des années-lumière de cette pseudo(?)-révolution, le même Laurent Laplante plonge dans l’univers de Daniel Sernine. Les trois tomes de La suite du temps comblent « les appétits d’exploration mentale, sociale et sidérale aussi généreusement que les exigences esthétiques et professionnelles ». Réussite exceptionnelle et satisfaction garantie pour les amateurs de SF.

Depuis plus d’un demi-siècle, génocides et camps de concentration ont fait surgir une littérature qui ne cesse de s’accroître, celle des hommes et des femmes « qui ont vécu l’horreur ». Roland Bourneuf commente le collectif Les récits de survivances, Modalités génériques et structures d’adaptation au réel.

Roland Bourneuf a aussi lu Les pélicans de Géorgie de Jacques Folch-Ribas, roman éclaté, habité par des personnages fluides, inaccessibles, à peine respectables, mais hauts en couleur. Un « chassé-croisé sans fin ».

L’entrevue menée par Florence Meney avec Suzanne Aubry a pour titre « Dépoussiérer l’histoire », une exigence respectée par l’auteure de Fanette, à la conquête de la haute ville.

« Alarmante, sinon horrifiante » est la vision du monde qui se dégage des Journaux, souvenirs et poèmes de Charles Bukowski. Gilles Côté a lu le « défricheur de fausses certitudes ».

À découvrir : Marc Bernard (1900-1983), l’« Écrivain méconnu du XXe siècle » que présente Patrick Bergeron. Romancier, journaliste, critique littéraire, cet « ouvrier qui écrit » a cofondé le groupe des écrivains prolétariens en 1932. Il recevra le prix Goncourt en 1942 et le Grand Prix Poncetton en 1970.

Après Jean-Paul Beaumier (no 86), Gilles Archambault (no 87) et Claire Martin (no 91), voici que Laurent Chabin nous entretient de sa non-lecture d’Ulysse de Joyce. Un « Livre jamais lu » assassin.

Bonne lecture ! NB

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