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Hélène Matte

LEVER DU JOUR SUR KINSHASA

Planète rebelle, Montréal, 2008
55 pages
23,95 $

Cet intéressant « livre-objet », car accompagné d’un DVD, est le fruit d’un voyage que l’auteure a fait en 2004 en République démocratique du Congo. Hélène Matte, formée en arts visuels, s’est sentie excessivement dépaysée socialement et culturellement par cet univers carrément différent du nôtre, victime depuis longtemps d’une colonisation capitaliste anarchique, mêlant « lumière et mort », « beauté et peur ». Sans être en soi une « esthétisation du terrifiant », pour reprendre l’expression du dramaturge allemand Friedrich Dieckmann, la poésie qui nous est offerte dans ce recueil éclaire bien ce développement anarchique du Congo. C’est dire que le « terrifiant » est évoqué dans ces poèmes par la révélation des déchirures de la vie quotidienne et, plus globalement, des malpropretés d’une société confuse à plusieurs niveaux.

Et on pourra également lire cette poésie décapante à la lumière des récents événements qui ont bousculé ce pays, qui ne sont pas sans évoquer les inacceptables horreurs qui ont ravagé le Rwanda en 1994. « Chaque nuit annonce un deuil / Chaque nuit la mort est dehors. » Cet esprit mortifère semble fonder le climat économique, social et culturel du Congo et y peser très lourdement.

Quant au DVD qui accompagne et poursuit l’acte poétique, il est fait de textes lus sur fond musical – de la voix même de l’auteure -, de courts métrages, de dessins animés ainsi que d’images documentaires. Tout cela illustre une poésie mettant grandement en évidence le « terrifiant » qui se dégage de l’Afrique centrale contemporaine.

Publié le 22 mars 2009 à 9 h 38 | Mis à jour le 28 janvier 2015 à 12 h 05