Couverture numéro 112

LIRE C’EST…

la culture… ce qui fait de l’homme
autre chose qu’un accident de l’univers.
André Malraux

N’en déplaise aux amateurs d’images sonorisées, il n’y a rien de plus provocant que de s’isoler avec le livre choisi, désiré. Et le choix est sans limites. Que la curiosité nous amène vers tel ou tel domaine, poétique, sentimental, scientifique ou politique, vers l’aventure ou la découverte, toujours quelque créateur y a consacré son talent sinon son génie. Emprunter la voie tracée, c’est multiplier, c’est étendre ses expériences, c’est réfléchir, c’est politique.

Voici un numéro de Nuit blanche, ce numéro 112, un peu touche-à-tout : la politique, le littéraire, l’historique.

L’article de Laurent Laplante sur le livre Noir Canada, Pillage, corruption et criminalité en Afrique, publié chez Écosociété, rappelle la nécessité pour le Canada de désavouer certaines pratiques, celle entre autres de libérer « les sociétés minières de toute contrainte ». Heureuse et nécessaire critique !

Plus réjouissant, le texte de Michèle Bernard sur l’incomparable Daniel Pennac dont le dernier-né, Écrire, s’accompagne de dessins, combinaison heureuse.

« Naissance des lettres québécoises », Jean-Guy Hudon montre que La conquête des lettres au Québec (1759-1799) est un document d’une importance indéniable. S’y retrouvent « tous les genres pratiqués par les premiers lettrés canadiens ».
Yves Laroche présente l’Anthologie de la poésie française de Jean Orizet.

Clichés, clichés, comment s’en débarrasser ? Laurent Laplante commente trois livres de « Planète Inde », collection éclairante qui s’attaque aux idées reçues à propos de ce pays.

Joris-Karl Huysmans que présente Patrick Bergeron annonce les grands auteurs qui l’ont suivi, les Proust, les Céline, les Perec. Joris-Karl Huysmans, c’est l’amoureux de la langue, de l’ordinaire à la savante, de celle qui sert la beauté à celle qui recherche la précision.

Jacques Roumain, poète, écrivain, journaliste en Haïti, paiera de sa santé et de sa vie son soutien à la culture haïtienne, à l’indépendance des siens. Gérald Alexis présente celui dont la vocation première fut plus politique que littéraire.

Autour du Che ; en saurons-nous jamais assez sur ce personnage qui a incarné les aspirations de tant et tant de laissés-pour-compte ? Quatre collaborateurs gagnés à la cause évoquent cet engagement.

Auteur singulier que Jacques Spitz, façonné par ce que le siècle qui fut le sien a fait de plus innovateur, emporté par de nouveaux courants. Une œuvre insolite, superbe et toujours chargée de sens, notamment dans ses créations en SF, selon Patrick Guay.

La détresse et l’enchantement est « Le livre jamais lu » de l’écrivain Jacques Gauthier « Pour les livres, qu’on les lise ou non, il reste le désir. » Et certains exigent une longue attente.

Dans la rubrique, « Idées à découdre » , Daniel Tanguay offre à Nuit blanche une version abrégée d’un texte à paraître cet automne dans la revue Argument (vol. 11, no 1) http://www.revueargument.ca/qui consacre un dossier à l’art de lire à l’heure des nouvelles technologies. « Une visite à la bibliothèque » fait état du choc qu’un « vieux » quadragénaire peut éprouver à constater que le sanctuaire de ses années d’études a disparu !

Bonne lecture ! NB

 

Image de la couverture : ©«Claude » de Claude Alleyn http://perso.b2b2c.ca/claudealleyn

Peintre autodidacte né en 1946, Claude Alleyn fait des études en histoire à l’Université de Montréal après quoi il poursuit une carrière de communicateur qu’il partage avec la peinture.
Au cours des années 1990, en marge des grands courants de l’art, il développe une vision fraîche, singulière et parfois critique de notre univers. Depuis 1985, il a pris part à plusieurs expositions, à Montréal, Québec et Sutton. Il vit et travaille en Estrie.

 

 

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