Couverture numéro 132

LAURE, GABRIELLE, MARGARET

Les deux premières sont nées avec le XXe siècle.

« Personnalité météorique des non-lettres françaises », Colette Peignot – Laure – a laissé une œuvre torturée et exaltée. À peine plus de deux cents pages « presque toutes de feu » que de son vivant elle n’aurait, dit-on, pas souhaité voir publier. Il faut la lire, bien que la connaître c’est « brûler du feu qui la dévora ». Par Patrick Bergeron.

À l’âge de 35 ans Laure quitte l’existence. Nous sommes en 1938. L’année suivante, Gabrielle Roy rentre d’un séjour en Europe. La jeune trentenaire se lance corps et âme, d’abord par le journalisme, dans le métier d’écrivain. Quelques années seulement et déjà vient le succès avec Bonheur d’occasion. Nuit blanche lui consacre un dossier spécial à l’occasion de la  quatrième édition du festival Québec en toutes lettres : par routes, rails, rivières, Roland Bourneuf, Andrée Ferretti, Laurent Laplante, Andrée A. Michaud, François Paré et Catherine Voyer-Léger revisitent le parcours de l’auteure de La route d’Altamont. La préparation de ce dossier a été, pour l’équipe du magazine, une source de plaisir et d’étonnement, parfois après des années d’infidélité à une œuvre qui n’a pourtant pas pris une ride. Nous espérons que ces pages seront le moteur de très beaux moments de lecture, qu’à l’exemple d’Andrée Ferretti certains d’entre vous liront, en 2013, « un tout autre roman » que celui pourtant apprécié à seize ans ; que d’autres s’étonneront de se retrouver à Fort-Chimo (La rivière sans repos) plutôt qu’à Kuujjuaq, seront estomaqués par « Les deux Nègres » de Rue Deschambault… Car si rides il y a, ne sont-elles pas intéressantes et profondes tout comme celles qu’affiche en couverture le visage de la jeune femme libre devenue écrivaine mature ?

Au Manitoba natal de Roy naît la troisième en 1926. Margaret Laurence, voisine trop longtemps méconnue au Québec, auteure du superbe Cycle de Manawaka, fait songer à une Gabrielle Roy du Canada anglais. Chez Laurence, « il y a autant de Manawaka qu’il y a de narratrices » ; Patrick Bergeron s’est replongé dans leur univers.

Retour à notre époque avec Dyane Léger, première femme à faire paraître un recueil de poésie en Acadie. C’était en 1980. Graine de fées, aussi premier livre publié par les éditions Perce-Neige, « a amené un nouveau regard sur l’Acadie en même temps qu’une autre façon d’écrire ». Par David Lonergan.

Qui dévorera l’autre, et à quel prix ? Le poète Renaud Longchamps en appelle à un cœur supérieur à celui aujourd’hui corrompu par le sang mauvais des prédateurs de toutes sortes. À lire dans « Cœurs supérieurs, Lac-Mégantic, le mardi 23 juillet 2013 ».

Bonne lecture ! Suzanne Leclerc

 


En couverture : Gabrielle Roy photographiée par John Reeves
Reconnu pour ses nombreux portraits de célébrités, principalement du monde des arts et de la culture, le photographe torontois John Reeves a vu son travail publié dans les principaux magazines canadiens depuis les années 1960. Membre de l’Académie royale des arts du Canada, il a reçu en 2002 la reconnaissance de l’Association canadienne des créateurs professionnels de l’image (CAPIC) pour l’ensemble de son œuvre.
Son site Web comporte de superbes photos d’écrivains dont Robertson Davies, Mavis Gallant, Jane Urquhart. Voir : johnreevesphotographer.com

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