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L'ensorceleuse de Pointe-Lévy

Sébastien Chartrand

L’ENSORCELEUSE DE POINTE-LÉVY

LE CRÉPUSCULE DES ARCANES, T. 1

Alire, Québec, 2013
434 pages
16,95 $

Sébastien Chartrand fait maintenant partie des jeunes auteurs québécois à ne pas perdre de vue. Son premier roman édité, le début d’une trilogie à saveur historique, est paru aux éditions Alire au printemps 2013. L’ensorceleuse de Pointe-Lévy s’inscrit dans une démarche littéraire hybride, entre chronique et fantasy.

1849. Faustin est malgré lui entraîné dans une odyssée contre le Mal, incarné par l’Étranger. Le jeune bedeau entreprendra un voyage initiatique presque au prix de sa vie dans les dédales mystérieux et ancestraux de la goétie. Accompagné de Shaor’i, une redoutable guerrière autochtone, de Baptiste Lachapelle, un colosse au cœur vaillant, et de François Gauthier, le vicaire du village et « arcaniste » d’expérience, Faustin découvrira l’univers effrayant et bien réel qui se cache derrière les légendes populaires.

Les personnages du roman sont caricaturaux et se définissent presque tous par leur identité distincte… sauf Faustin, le principal protagoniste. Il ralentit la caravane par son ignorance, son inexpérience, sa faiblesse physique. Dans ce monde oscillant entre l’histoire et l’imaginaire québécois, il fera la rencontre de héros de la tradition orale, d’autres issus de la littérature. Aussi rapiécée soit cette histoire inspirée de différents mythes, le tout donne un résultat homogène, crédible. L’auteur avoue avoir altéré quelques éléments historiques au profit de la cohérence de son récit, mais le lecteur, littéralement envoûté par la découverte des « arcanes », n’y voit que du feu.

L’ensorceleuse de Pointe-Lévy répertorie et adapte les principaux contes populaires de Québec et ses environs et captive par sa proximité, sa crédibilité. Quelques longueurs obligées pour contextualiser cette grande aventure et la panoplie de personnages, surtout au début, auront vite fait de s’estomper au profit d’une épopée de plus en plus enlevante. L’auteur surprend par son style accessible, clair, direct, mais déchiré entre le joual d’antan souvent justifié mais inégal selon les personnages et la prose presque soutenue.

Amateur de fantasy ? Laissez-vous bercer par les bribes de micmac et les formules magiques. Laissez-vous entraîner, il y a plus d’un siècle de cela, lorsque la spiritualité et les croyances guidaient encore les gens vers l’obéissance et la vertu.

Publié le 1 avril 2014 à 14 h 03 | Mis à jour le 1 avril 2014 à 14 h 03