Couverture numéro 94

Depuis ses débuts, Nuit blanche ouvre ses pages occasionnellement à des voix autres que celles de la francophonie. Les littératures grecque, allemande, polonaise, hongroise ont eu leur place au cours des années. Puis complicité continentale oblige, les littératures latino-américaines : en 1999, la littérature brésilienne, en 2001, le littérature costaricienne, et maintenant la littérature équatorienne et ses cinq siècles d’écriture.

Certains se demanderont le sens de cet intérêt d’un magazine francophone à l’égard des littératures qui ne le sont pas.

Pour nous à Nuit blanche, la démarche d’accueil aux littératures d’ailleurs est avant tout synonyme de l’ouverture de notre société sur le monde. L’expression artistique s’adresse à tous, et chacun peut, à son contact, renouveler sa pensée, élargir le champ de sa conscience. À cet égard, depuis la traduction des « livres » des grandes religions, des Suvres des auteurs grecs et romains, qui nourrissent encore toutes les cultures, les possibilités d’explorer autant d’univers qu’il y a de langues pour les exprimer sont presque sans limites. Il n’y a plus maintenant d’idiome, ou très peu, auquel refusent de s’attaquer les artisans de la transmission que sont les traducteurs, dont on reconnaît bien mal le génie. Grâce à eux, toutes les cultures nous deviennent accessibles.

Cette ouverture sur les autres cultures, les petites nations la pratiquent déjà par nécessité. Et à cet égard, l’Équateur et le Québec offrent bien des similarités. Appartenant, le premier, à la grande culture hispanophone, le second, à la culture française, leur poids démographique ne leur permet pas d’y figurer largement, d’y voir toujours comprise leur singularité, que parfois une culture étrangère, qui connaît un contexte comparable, saisira mieux. Faire ce détour d’ailleurs ne peut être qu’enrichissement et, s’il est source d’inspiration, il ne peut jamais mettre en danger l’originalité des Suvres qu’il suscite, les créateurs transformant et faisant toujours leurs toutes les influences. NB

Le Dossier sur la littérature de l’Équateur, que nous présentons, a été rendu possible grâce à la précieuse collaboration des personnes suivantes, que nous tenons à remercier.
Nous remercions tout particulièrement Monsieur Claude Lara, Consul Général de l’Équateur à Montréal, qui en signe la présentation, qui en a assuré la coordination et s’est chargé de la traduction française de certains articles.
A. Darío Lara, de l’Académie équatorienne de la langue espagnole et de l’Académie nationale de l’Histoire.
José Enrique Ojeda, auteur de nombreux essais sur la littérature équatorienne, il est professeur de littérature hispano-américaine à l’université de l’État de New York ( Stony Brook) et au Boston College.
Galo Galarza, nouvelliste et diplomate ; il a été en poste au Nicaragua, à Cuba, aux États-Unis, au Canada et en France.
Le poèteBelgeFernand Verhesen,membre de l’Académie Royale de Langue et de Littérature françaises,qui signe l’article sur la poétique et l’esthétique de Jorge Carrera Andrade, dont on lira la première traduction française. Ce texte savant et fouillé et présenté en exclusivité dans notre site Internet.
Le traducteur et écrivain Louis Jolicœur pour sa traduction inédite d’un extrait d’un roman d’Alicia Yánez Cossío.

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