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Numéro 102

Gilles Vigneault

LES GENS DE MON PAYS

L'INTÉGRALE DES CHANSONS ENREGISTRÉES PAR L'ARTISTE

L'Archipel, Paris/Édipresse, Montréal, 2005
476 pages
29,95 $

« Le cul su’l’ bord du cap Diamant / Les pieds dans l’eau du Saint-Laurent / J’ai jasé un p’tit bout d’temps / Avec le grand Jos Monferrand. » C’est ainsi que débute cette magnifique intégrale des textes des chansons écrites par Gilles Vigneault depuis « Jos Monferrand », qui fut d’abord endisquée par Jacques Labrecque en 1959, jusqu’à « Entre vos mains » et « Comptine en mode zen », datant de 2003. Parmi toutes les grandes chansons de Vigneault (« Mon pays », « Ah que l’hiver ! », « Tout l’monde est malheureux », « Gens du pays »), on apprécie la présence de « La marche du président », mise en musique par Robert Charlebois, et interprétée en duo lors du fameux spectacle de la Superfrancofête, en août 1974.

Le principe directeur a été de retranscrire les textes des 210 chansons que Gilles Vigneault a lui-même écrites et enregistrées depuis son premier disque, en 1962. Ceci permet d’inclure une très belle collaboration avec Claude Léveillée (« Avec nos yeux », que les deux artistes ont endisqué), mais pas toutes leurs si belles chansons composées en 1963 pour Monique Leyrac (« L’Hiver »). De plus, les quelques poèmes que Vigneault récitait sans accompagnement musical sur ses premiers disques (« Quand j’ai chaussé les bottes », « Lorsque mon père », etc.) ne sont pas retranscrits ici. J’aurais sans doute apprécié que les textes colligés soient datés et commentés par l’auteur : avec une présentation sur les circonstances de composition ou l’inspiration à l’origine de tel texte. Mais connaissant les mots fertiles de Gilles Vigneault, cela constituerait probablement la matière d’un autre livre !

La lecture de ces textes magnifiques reste nécessaire, car les mélodies de ces chansons sont si belles qu’elles nous font parfois négliger l’écoute des mots des derniers couplets. Je pense en particulier à des compositions magistrales comme « Fer et titane », « Le nord du nord » et « La Danse à Saint-Dilon ». On peut aussi apprécier les allitérations et le double sens des mots choisis avec intelligence, par exemple dans le refrain de « Mademoiselle Émilie » : « Fut-il amoureux ? / Fut-elle fidèle ? »

Cette intégrale – irremplaçable – des chansons de Gilles Vigneault représente à mes yeux l’un des livres québécois les plus importants à posséder, à faire connaître, à fréquenter et à redécouvrir.

Publié le 1 mars 2006 à 13 h 45 | Mis à jour le 16 février 2015 à 12 h 27