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Anne Hébert

LES CAHIERS ANNE HÉBERT, Nº 7, FILIATIONS

Fides, Montréal, 2007
202 pages
19,95 $

Les huit textes rassemblés dans les derniers Cahiers Anne Hébert sont issus des communications livrées le 6 mai 2006 à l’occasion d’une journée d’étude tenue dans le cadre de l’exposition « Filiations : Anne Hébert et Hector de Saint-Denys Garneau », que le Musée des beaux-arts de Sherbrooke a accueillie du 6 mai au 11 septembre de la même année.

Aujourd’hui nonagénaire, Benoît Lacroix témoigne d’abord de ce qu’il a vu et entendu, de 1948 à 1950, en été, lors de ses nombreux séjours au manoir familial des Garneau, à Sainte-Catherine de Fossambault. Frédéric Brochu livre ensuite « les premiers résultats » de ses recherches sur la généalogie « peu banale » d’Anne Hébert. Marie-Andrée Lamontagne évalue pour sa part l’influence sur Anne Hébert de son père, le critique Maurice Hébert, et de son cousin Saint-Denys Garneau, puis soupèse le « parrainage bienveillant » d’écrivains français, dont le poète Pierre Emmanuel et le critique Albert Béguin.

Deux des exposés s’intéressent aux essais de l’un et de l’autre auteur. Karim Larose fait ressortir « la conception de la parole » qui « constitue le cœur » du « Monologue fantaisiste sur le mot », un article publié par Garneau en 1937, et met cet écrit en relation avec « Poésie, solitude rompue » (1960), « un texte clé » de sa parente. Par des « rapprochements et distinctions », dans la pratique de l’essai, Andrée-Anne Giguère établit quant à elle l’« usage spécifique » que chacun fait de ce genre littéraire. Entre ces deux analyses s’insèrent celles de Claire Hitrop, de Giselle Huot et de Daniel Marcheix. La première montre comment les études de « la réception critique de la poésie d’Anne Hébert jusqu’en 1970 » mettent en valeur une « figure récurrente », celle du « passage ». La deuxième s’intéresse aux similitudes et aux différences entre les deux poètes et leurs poèmes, et dégage ce que l’inspiration d’Anne Hébert doit à son aîné. Le troisième examine chez les mêmes le « dialogue intertextuel » relatif à « un certain regard masculin porté sur toutes choses ».

À ces huit communications s’ajoutent trois études « hors dossier » sur Anne Hébert : Adela Gligor scrute la transgression des limites génériques entre la poésie et la prose, Stéphanie Viau propose l’analyse des figures de « la femme enceinte, [de] la mauvaise mère et [de] la mère absente », dans six récits, et Annabelle M. Rea clôt le cahier en décryptant « quelques-unes des attitudes vestimentaires dépeintes par Anne Hébert » dans son dernier roman, Un habit de lumière (1999).

Bien qu’inégalement convaincants, les onze textes de cette septième publication témoignent de la vitalité continue des études hébertiennes.

Publié le 21 mars 2008 à 3 h 31 | Mis à jour le 9 janvier 2015 à 12 h 25