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Numéro 102

Virginia Woolf

UNE PROSE PASSIONNÉE ET AUTRES ESSAIS

Trad. de l'anglais par Geneviève Letarte et Alison Strayer
Boréal, Montréal, 2005
132 pages
17,95 $

Paru en octobre, au même moment que cinq autres titres dans la collection « Papiers collés » chez Boréal, Une prose passionnée et autres essais regroupe dix courts essais qui furent écrits entre 1925 et 1928. Au cours de la même période, Virginia Woolf écrivait entre autres deux de ses œuvres majeures : La promenade au phare et Mrs. Dalloway. On peut donc dire qu’elle était fort productive et que la création l’occupait alors entièrement. Voilà qui est intéressant puisque plusieurs des textes publiés ici traitent de multiples façons du processus de création.

L’œuvre romanesque de Virginia Woolf est connue mais ses essais, bien qu’ils soient très nombreux, le sont moins. Romancière, nouvelliste, critique et essayiste, Woolf est partout reconnaissable. En effet, on retrouve dans ses textes de réflexion la même efficacité d’écriture, la même sensibilité, la façon qu’elle a d’aller toujours à l’essentiel parfois avec gravité mais parfois aussi, comme ici, avec humour. Présentés par ordre chronologique, les textes qui composent ce recueil portent sur divers sujets : deux d’entre eux ont été écrits en guise d’introduction à ses propres romans (Mrs. Dalloway et Le commun des lecteurs), trois relèvent de la critique alors que les cinq autres tiennent à la fois du récit et du commentaire sur des sujets aussi variés que la maladie, le cinéma, la peinture, les promenades.

Fine observatrice, Virginia Woolf l’est aussi dans ses essais où elle tente de cerner l’essence même des personnes, des événements, des choses pourtant si difficile à saisir. Dans « De la maladie », elle écrit : « Nous ne connaissons pas notre âme, et encore moins celle d’autrui. Les êtres humains ne vont pas main dans la main tout au long de la vie. Il y a en chacun de nous une forêt vierge, aux broussailles enchevêtrées, où aucun sentier n’est tracé ; un champ de neige qui n’a jamais connu l’empreinte d’un oiseau. Là, nous allons seuls, et nous le préférons ainsi ».

Publié le 2 mars 2006 à 15 h 29 | Mis à jour le 1 février 2015 à 10 h 30