Patrick Beaulieu, Daniel Canty

VVV

TROIS ODYSSÉES TRANSFRONTIÈRES

Du Passage, Montréal, 2015
222 pages
39,95 $

À feuilleter ces carnets de voyage, à regarder les images, à prendre connaissance des documents de toutes sortes rassemblés dans le cadre de ces aventures, il me vient toute une série d’expressions familières.

Ne dit-on pas que, par exemple, « même pour le simple envol d’un papillon, tout le ciel est nécessaire » ? Cette expression s’applique bien au récit de la première des trois odyssées, « Vecteur monarque », qui a permis d’évaluer l’immensité de l’espace que doivent traverser les papillons monarques lors de leur migration saisonnière, du nord vers la réserve naturelle d’El Rosario de l’État du Michoacán, au Mexique. Des millions de papillons prennent cette route qui sera jonchée des ailes ocre et orangé de ceux qui n’iront pas jusqu’au bout. Ces ailes perdues se mêlent parfois aux plumes des oies qui suivent un même chemin, mais plus court. Quel étrange phénomène que ces migrations où l’une et l’autre espèce ne connaissent ni frontières, ne rencontrent ni postes de douanes ni d’immigration !

Nana Mouskouri a chanté : « Aie confiance tu iras loin / Loin, loin où le vent t’emmène ». Alors, pourquoi ne pas suivre le chemin du vent avec un sentiment d’abandon, avec le temps devant soi ? La seconde odyssée, « Ventury », qui a pour point de départ Chicago, la ville des vents (the Windy City), se fait à bord d’une Ford Ranger, selon un parcours entièrement dicté par la volonté du vent que communiquent une girouette et une manche à air. Le résultat est un tracé de la route du vent.

« Le hasard fait bien les choses », dit-on. Pourquoi ne pas lui faire confiance ? La dernière odyssée, « Vegas », s’est faite à bord d’une Dodge Dart avec sur le capot une roue de fortune. La destination : le désert du Nevada, où se trouve, bien entendu, Las Vegas, la capitale des jeux de hasard. Au départ, une séance de chiromancie (lecture des lignes de la main) avait démontré que tout irait bien. Les comptes rendus des participants nous diront qu’avec les moments de chance et de malchance, ça a été une véritable aventure. Mais n’était-ce pas le but recherché ?

Publié le 10 avril 2016 à 8 h 47 | Mis à jour le 10 avril 2016 à 17 h 29