Jean-Michel Dufaux

CAFÉS

Cardinal, Montréal, 2015
249 pages
39,95 $

Dans une ville ou un quartier, le petit café est le point de repère par excellence. Pour l’habitant, c’est le lieu où marquer le moment d’une journée, rencontrer des amis, croiser des connaissances, ou encore pour tout simplement être seul au milieu d’une foule à travers laquelle on se reconnaît. Ici, pas de stress, seulement le plaisir d’être, de savourer le moment parmi ses semblables. Pour le voyageur, c’est le lieu par excellence pour rencontrer la faune locale, s’y fondre et faire corps avec elle l’espace d’un instant et oublier son statut de touriste. Certains troquets deviennent même un point de repère, un camp de base qui marque le début ou la fin d’une expédition, un lieu rassurant où se reposer tout en poursuivant passivement son exploration. Assis à la table d’un café, le voyageur peut à son aise regarder l’autre venir à lui plutôt que l’inverse.

Jean-Michel Dufaux a sélectionné des photographies des lieux où il s’est promené, à savoir les édifices, places ou rues aux charmes tout particuliers, ainsi que les cafés les plus marquants où il s’est arrêté. Si tous les clichés ont une touche qui en font de parfaites publications pour Instagram ou Pinterest, ceux des cafés attirent l’attention, car Jean-Michel Dufaux n’hésite pas à s’approcher de son sujet, secret d’une bonne photo (Robert Capa : « If your pictures aren’t good enough, you’re not close enough »). Sur ces clichés, il est possible de voir les visages, parfois les yeux des personnes assises autour d’une table ou accoudées au comptoir, savourant un petit serré, ce qui nous ouvre à l’esprit de chaque endroit.

Tout dans ce livre invite au café, en commençant par la page couverture, qui évoque les sacs de jute dans lesquels sont transportés les grains de café, et l’utilisation d’un papier mat, qui rappelle l’atmosphère feutrée d’un café l’après-midi. Mais la disposition des photographies surprend. Pour chaque ville, une brève présentation de l’auteur suivi des photos de l’endroit. Surprise : à Montréal, on tombe sur la photo du Majestic Café de Porto. Et le lecteur comprend que l’ordre de présentation des cafés ne respecte pas l’ordre de présentation des villes. Combien de sucres ?

Publié le 10 avril 2016 à 8 h 49 | Mis à jour le 6 avril 2016 à 14 h 34