Numéro 119

Gipsy Paladini

SANG POUR SANG

Transit, Montréal, 2009
330 pages
22,95 $

En 1965, à New York, on découvre le cadavre affreusement mutilé d’un homme dans une chambre d’hôtel. En interrogeant le réceptionniste, on apprend que ce type très discret s’appelait John Smith et qu’il séjournait à l’hôtel Carlton une fois par année. Alors que Al Seriani enquête sur ce premier meurtre, on découvre une deuxième victime, Marc Brenner, lui aussi mutilé et lui aussi de passage Plus le temps passe, plus l’affaire se complexifie ; en peu de temps, elle prend une large envergure. Voilà beaucoup de boulot pour Al Seriani et son jeune collègue, David Goldberg.

Gipsy Paladini a créé un flic plutôt antipathique : un poivrot invétéré pas très futé qui fréquente et violente les prostituées, négligeant sa femme et sa fille et qui n’hésite pas à trahir son meilleur ami. Voilà un personnage torturé par ses démons, aux prises avec ses contradictions, un justicier brutal aux méthodes douteuses. Pourtant, on décèle sous le masque de la crapule un être complexe qui, s’il ne suscite guère la sympathie, attise incontestablement la curiosité.

Un premier roman qui nous révèle que l’auteure a le sens du dialogue, qu’elle sait raconter une histoire et créer des personnages hors norme. Un bémol cependant, qui ne s’adresse pas à l’auteure mais plutôt à l’éditeur : Sang pour sang aurait mérité un travail d’édition qui aurait permis de relever quelques malheureuses maladresses et erreurs et d’éviter qu’on utilise à quelques reprises un mot pour un autre Bien guidée, Gipsy Paladini pourrait déployer tous ses talents et se gagner sans doute de nombreux lecteurs.

Publié le 13 novembre 2010 à 12 h 17 | Mis à jour le 5 février 2015 à 12 h 12