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Numéro 117

Collectif

RENCONTRER TROIS-RIVIÈRES

375 ANS D'HISTOIRE ET DE CULTURE

(avec CD)
Éditions d'art Le Sabord, Trois-Rivières, 2009
228 pages
39,95 $

Tout en concédant quelques chapitres à la promotion de Trois-Rivières, ce collectif démontre superbement que la symbiose est possible entre l’histoire, le souci culturel et le mieux-vivre dans sa concrète quotidienneté. Rencontrer Trois-Rivières, c’est établir cette certitude. Grâce à ce livre, on apprend beaucoup. Plus encore, on est saisi d’admiration devant la réussite humaine que s’est offerte une ville de dimensions moyennes sinon modestes. Fidèle à son style, l’éditeur, les éditions d’art Le Sabord, amplifie l’écho des textes par une iconographie originale, diversifiée, évocatrice et belle. La gamme des angles d’observation offre de quoi satisfaire l’appétit artistique aussi bien que la curiosité historienne. À cela s’ajoute un CD donnant vie à des voix d’hier et d’aujourd’hui : Maurice Duplessis, Gérald Godin, Albert Tessier, Raymond Lasnier, Clément Marchand…

Quelques textes méritent plus qu’une mention cursive. En peu de paragraphes, l’indestructible et fiable Marcel Trudel rappelle (ou révèle) que le site de Trois-Rivières fut le premier, cinq ans avant Québec, à induire Champlain en tentation d’enracinement. Rendant hommage à Radisson, à Des Groseillers, à Isabelle Montour, Serge Bouchard, dans un texte inspiré et documenté, souligne le contraste entre les vues éclairées des Amérindiens et les myopies têtues des Européens d’épée et de goupillon. À Guy Godin, on doit l’accolade fraternelle au « député des mots », son frère Gérald Godin. Une question retiendra pourtant l’attention autant et plus que ces rappels, celle qu’ose l’historien Yannick Gendron : faut-il retirer à Laviolette son titre de fondateur de Trois-Rivières ? De fait, on en sait si peu au sujet de Laviolette qu’une ville aussi soucieuse que l’est Trois-Rivières d’histoire et de culture sera mal à l’aise aussi longtemps qu’on n’aura pas réévalué les mérites respectifs de l’évanescent fondateur officiel et ceux du capitaine Théodore Bochart du Plessis.

Bel exemple d’une ville qui perçoit mieux que d’autres la distance entre la culture et les chiffres exsangues des industries culturelles.

 

Publié le 30 décembre 2009 à 17 h 29 | Mis à jour le 2 décembre 2014 à 22 h 13