Player one

Ernest Cline

PLAYER ONE

Trad. de l’américain par Arnaud Regnauld
Michel Lafon, Neuilly-sur-Seine, 2013
407 pages
27,95 $

Pour ceux qui en doutent encore, la littérature geek, ça existe ! Le premier roman d’Ernest Cline, scénariste du film Fanboys (2009), en est la preuve. Et si l’on pense au roman Video Games de D. B. Weiss (Sonatine, 2012), il pourrait bien s’agir d’une nouvelle tendance.

Player One a été décrit par la presse américaine comme un croisement entre Tron et Charlie et la chocolaterie. L’histoire se passe au milieu du XXIe siècle. La planète est dans un triste état après trois décennies de Grande Récession causée par une crise énergétique et des catastrophes écologiques mondiales. Le héros, Wade Watts alias « Parzival », est un adolescent qui vit chez sa tante dans un quartier de « piles », c’est-à-dire un entassement vertical de maisons mobiles pouvant atteindre jusqu’à vingt unités de haut. Les piles sont l’une des solutions du futur au problème de surpopulation urbaine. Comme beaucoup d’autres, Wade passe le plus clair de son temps sur l’OASIS, un monde virtuel créé par le milliardaire James Halliday. Mort sans héritier, Halliday a caché toute une série d’épreuves quasi insolubles dans l’OASIS. C’est ce qu’on appelle les « œufs de Pâques ». La fortune d’Halliday et les commandes de l’OASIS iront au chasseur d’œufs qui aura relevé tous les défis. Wade fait partie des concurrents qui remuent ciel et terre pour y parvenir avant que les infâmes « Sixers », agents à la solde d’Innovative Online Industries, ne sabordent les prodigieuses libertés émanant de l’OASIS.

Comme roman de science-fiction nostalgique, Player One est assez réussi. Cline a truffé son texte de références à la culture pop des années 1980. Tout y passe : des jeux Atari à Donjons et Dragons, des chansons à succès de Duran Duran et de Pat Benatar aux vidéo-clips de Max Headroom en passant par les céréales Pac-Man et les sitcoms tels Family Ties. L’intrigue captive et les inventions technologiques sont souvent originales. Malheureusement, Cline verse allègrement dans le cliché, surtout en ce qui concerne les relations entre personnages. La pire de toutes, c’est l’idylle à la guimauve entre Wade et la « geekette » Art3mis. Player One ne risque donc pas de détrôner la tétralogie Autremonde (1996-2001) de Tad Williams, qui reste la grande épopée de la réalité virtuelle.

Publié le 30 mars 2014 à 14 h 33 | Mis à jour le 30 mars 2014 à 14 h 33