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Mode lecture zen

NUIT BLANCHE

Les amateurs apprécieront. Après Darling Lilly que la critique avait jugé sévèrement – en le qualifiant au mieux de roman de transition, léger et classique -, Michael Connelly nous revient avec de nouvelles aventures de Hieronymus Bosch (Harry pour les habitués). Loyal mais désenchanté, atrabilaire mais séduisant, Harry n’est plus flic mais privé. Les clients ne se bousculent pas vraiment et Harry ne peut s’empêcher de repenser à une affaire ancienne, le meurtre jamais élucidé de la belle Angella Benton, assistante dans une maison de production de Hollywood, assassinée bizarrement quelques jours seulement avant l’un des plus gros hold-up jamais perpétrés dans les parages. L’enquête s’annonce difficile, d’autant que de toute évidence, on s’emploie à mettre des bâtons dans les roues à l’enquêteur, qui se révèle plus humain que dans les épisodes précédents, doté d’un supplément d’âme qui nous le rend plus attachant. « Vous ne m’avez pas dit que vous étiez à la retraite ? Je savais qu’on y viendrait et c’était mon point faible. Je n’avais aucun droit de me lancer dans cette enquête. On a l’insigne de flic ou on ne l’a pas. Je ne l’avais plus. »

Ce roman à l’intrigue efficace et au style parfaitement maîtrisé s’enrichit d’ailleurs d’une peinture sans concession d’une Amérique paranoïaque après le 11 septembre et capable du pire au nom de la sécurité nationale. On regrettera tout de même une tendance dans les romans policiers actuels à multiplier arbitrairement les personnages et les pistes éventuelles, comme pour donner artificiellement plus de fil à retordre au lecteur-enquêteur.

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