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Numéro 95

André Ducharme

L’HOMME EN MORCEAUX

Leméac, Montréal, 2003
139 pages
14,95 $

Rimbaud Ringuet (« Gaétan » pour sa mère) est en mille miettes. Son amour, Riva, l’a jeté comme une vieille culotte. Il lui est impossible de s’en relever. Ce rejet insurmontable le force à une réflexion sur lui-même… dont il est incapable. Il repense à son enfance, à son milieu familial, et sans cesse le rejet de Riva, la dureté de Riva, le magnétisme de Riva, le sexe de Riva, la désinvolture de Riva reviennent assaillir ce qu’il lui reste de cœur et ce qu’il lui reste de corps (surtout le bas du ventre).

Pourquoi les femmes sont-elles si indépendantes et pas lui ? Riva d’abord, puis l’énigmatique Poudrette Pigalle, qui ne parle qu’en charades mais réussit tant bien que mal à recoller certains morceaux de l’homme, sans que celui-ci ne comprenne vraiment ce qui se passe, et sans non plus qu’on puisse avoir espoir que tout cela tienne bien longtemps.

Un roman dépressif, quelques curiosités, une fixation sur le sexe, un style cru et personnel. Un personnage sans doute à l’image de son auteur : prisonnier de sa tête, avec un cœur qui crie n’importe comment et qui tourne en rond. Tant de dureté à la recherche de tant de tendresse. Rimbaud comprendra-t-il qu’il n’y arrivera jamais s’il ne s’aime pas lui-même ?

Publié le 15 juin 2004 à 12 h 19 | Mis à jour le 22 décembre 2014 à 11 h 06