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Numéro 98

Pierre Martel

L’ÉTEIGNEUR DE LUCIOLES

Varia, Montréal, 2004
284 pages
21,95 $

En 2034, Orval Dustylet est « euthanasiste » ou « éteigneur de vies » dans la petite ville de Lucioles. Son travail consiste à livrer à domicile un comprimé létal aux gens qui, sans être malades, désirent mettre un terme à leur existence. Il s’acquitte de ses fonctions avec zèle et intégrité. C’est un homme rangé, voire un peu fade, que la femme qui partageait sa vie a quitté quelques années auparavant. Mais voilà qu’à quarante-quatre ans il s’éprend d’une jeune femme de dix-huit ans qui, contre toute attente, accepte de l’épouser. C’en est alors fini de la monotonie et de la quiétude. Et il ne tarde pas à regretter cette vie.

Par ailleurs, dans le cadre de son travail, Dustylet fait la rencontre de Blaise Tisonnier, un inspecteur de police sur le point de prendre sa retraite. Dès le premier regard, les deux hommes se détestent. Cependant, ils se revoient à nouveau peu de temps après, à la suite de la mort suspecte de la cousine de l’euthanasiste. Puisque les crimes graves sont devenus rarissimes, le policier considère cette affaire comme une occasion de terminer sa carrière sur un succès. Mais cette enquête sera-t-elle vraiment sa dernière ? Et sa route croisera-t-elle à nouveau celle de l’euthanasiste Dustylet ?

L’éteigneur de Lucioles est à mi-chemin entre le roman d’anticipation et le roman policier ; l’enquête policière se déroule en effet dans un monde très différent du nôtre. « Seul le vrombissement des ventilateurs géants, installés aux quatre coins de la ville pour en chasser les brumes malsaines, nuisait vraiment à la rumeur tranquille qui s’était installée depuis le bannissement des véhicules particuliers. Dustylet se souvenait avec émotion du bruissement des grands arbres, désormais si rares, qui berçait autrefois sa mélancolie. » Un des facteurs qui expliquent de tels changements, en à peine trente ans, est qu’une guerre s’est produite, remportée par les Premières nations. Maintenant, celles-ci dirigent le pays avec une certaine sagesse. Donc, crime à élucider et dépaysement sont au menu pour les lecteurs de L’éteigneur de Lucioles.

Publié le 21 février 2005 à 16 h 07 | Mis à jour le 27 janvier 2015 à 21 h 04