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Numéro 87

Natalie Goldberg

L’ÉCRITURE : DU PREMIER JET AU CHEF-D’ŒUVRE

Trad. de l'américain par Marie-Cécile Baland
Le Souffle d'Or, Barret-sur-Méouge, 2001
281 pages
29,95 $

L’écriture : du premier jet au chef-d’œuvre : que de promesses non tenues se cachent derrière ce titre racoleur qui laissait espérer une analyse un tant soit peu serrée du processus d’écriture et du travail de l’écrivain. Au lieu de cela, les éditions Le Souffle d’Or ‘ qui se spécialisent dans les sujets tels le développement personnel, la connaissance de soi, la spiritualité et la santé au naturel ‘ nous offrent un autre de ces innombrables guides pratiques sur la création littéraire. « [C]omment faire de cette matière brute une nouvelle, un essai, une histoire aboutie ? », « comment dépasser les blocages de l’écrivain, la crainte des critiques et du rejet », énonce la quatrième de couverture. Comment ? En deux temps, trois mouvements, oserions-nous répondre, étant donné que le propre de ce type d’ouvrage est le raccourci théorique, le cruel manque de profondeur et la transmission de conseils rapidement prodigués. Ce qui n’implique pas nécessairement que le livre soit truffé de faussetés. Au contraire : l’auteure, qui anime des ateliers d’écriture et a quelques publications à son actif, connaît ce que tout étudiant en création littéraire doit au moins savoir. Quant à sa démarche (envisager le travail de création à travers la discipline zen), elle n’est pas inintéressante. C’est plutôt le ton qu’emploie Goldberg qui gêne. Un ton familier, très imagé, très terre à terre, très anecdotique où chaque réflexion un tant soit peu pertinente se trouve noyée dans une mer de mises en situation inutiles, de détails autobiographiques superflus, de banalités et de lieux communs. Pour ceux qui ne l’auraient pas encore deviné, le livre de Natalie Goldberg est traduit de l’américain et cela se sent. Passons sur les quelques coquilles et expressions douteuses relevées ici et là et contentons-nous de mettre le lecteur en garde contre cet esprit de vulgarisation par le biais duquel les concepts dont on reconnaît les origines et les paternités sont transformés en nourriture intellectuelle prédigérée. Il existe tellement d’études sérieuses sur le travail créateur, sans compter les témoignages d’écrivains dignes de ce nom, qu’il serait dommage de perdre son temps avec ce prétendu essai dont le contenu aurait eu avantage à être à la fois élagué et approfondi.

Publié le 14 janvier 2003 à 14 h 21 | Mis à jour le 7 janvier 2015 à 18 h 11