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Numéro 122

Thérèse Lamartine

LE FÉMININ AU CINÉMA

Sisyphe, Montréal, 2010
151 pages
12 $

Thérèse Lamartine avait fait paraître en 1985 aux éditions du Remue-ménage un ouvrage souvent considéré comme « le » classique québécois sur le cinéma des femmes : Elles, cinéastes ad lib. Dans le récent guide Le féminin au cinéma, l’auteure commente une centaine de longs métrages réalisés par des femmes ou offrant un point de vue original sur la représentation des épouses, filles, mères, conjointes, héroïnes. Plusieurs personnes ont été consultées avant d’établir cette liste de films qui interrogent les rôles sociaux et les stéréotypes liés aux femmes. On retrouve dans ce livre des incontournables de l’engagement féministe comme Mourir à tue-tête (1979) d’Anne-Claire Poirier, mais aussi quelques films « queer » comme Boys don’t cry (1999) de Kimberly Peirce. Certains des films choisis ont été mis en scène par des hommes. Les titres proposés ne sont pas tous célèbres et c’est tant mieux ; l’inclusion de films de répertoire permet à l’occasion certaines découvertes étonnantes, par exemple le long métrage iranien Hors jeu (2005) de Jafar Panahi, qui raconte l’histoire d’un groupe de jeunes femmes qui se font arrêter en se rendant à un stade de foot de Téhéran pour assister à un match ‘ chose strictement interdite aux femmes de ce pays.

L’ouvrage se subdivise en cinq thèmes : les films réconfortants montrant les femmes dans des rôles positifs, originaux ou créatifs ; des films de combat féministe ; des films sur des héroïnes réelles ou fictives, comme Thelma et Louise de Ridley Scott ; des films sur la violence, comme le documentaire Ces femmes qui tuent (1994), produit par l’ONF ; la dénonciation des stéréotypes sur le genre (compte tenu du sujet et de l’angle recherché, la plupart des œuvres retenues sont contemporaines, donc tournées après les années 1960).

La sélection des films reste subjective et engagée ; toutefois, je m’étonne au passage de trouver si souvent dans les commentaires laudatifs un adjectif comme « convaincante » pour caractériser le jeu de certaines actrices. Ne serait-ce pas plutôt une direction d’actrice particulièrement efficace ? En annexe, l’ouvrage propose d’autres titres non commentés ici mais tout aussi pertinents comme Bagdad Café de Percy Adlon et Les Années de plomb de Margarethe von Trotta. Pour les cinéphiles, le plus ardu reste à faire : tenter de localiser une copie de ces longs métrages parfois très difficiles à trouver sur DVD !

Publié le 24 mars 2011 à 16 h 26 | Mis à jour le 14 novembre 2014 à 15 h 09