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L’année où Marilyn fit scandale

Richard Vézina

L’ANNÉE OÙ MARILYN FIT SCANDALE

Sémaphore, Montréal, 2014
143 pages
19,95 $

Richard Vézina est un auteur québécois qui, à titre de directeur général, a travaillé dans le domaine de la culture et dans celui de la santé et des services sociaux. Après Gaston, Bibiane et les ballons roses (2009) et Chisasibi (2011), il signe L’année où Marilyn fit scandale, un court roman.

Rémi, treize ans, et ses parents occupent un chalet chaque été. Cette année, c’est différent : Jimmy se joint à eux. Jimmy est un berger allemand au passé mystérieux, à la personnalité multiple. Tantôt pétulant et gentil, tantôt assombri et agressif, il est le pilier central autour duquel tourne l’univers de Rémi… jusqu’à ce qu’on les sépare. Le garçon perd ainsi son meilleur ami, son complice, son confident. Cet été-là, il devra passer par-dessus la plus grande épreuve de sa vie. Entre les assauts colériques de son père, les moments où il voit pointer un poisson au bout de la ligne, ses parties de chasse et la découverte de son corps, Rémi bouillonne d’émotions et la solitude l’envahit.

Dans L’année où Marilyn fit scandale, c’est la vie qui chemine, un été déterminant dans l’existence d’un garçon qui se transforme en adolescent. En trame de fond, le roman évoque avec un sourire en coin une époque révolue. L’auteur dépeint les comportements, les valeurs, et même les objets qui ont marqué les années 1950. Il témoigne ainsi d’une époque où l’on donnait une carabine à un enfant de treize ans en l’incitant à tirer sur des oiseaux ; où le régime patriarcal autoritaire rendait difficile la communication entre un père et son fils, aux prises avec l’appel de la désobéissance et du ressentiment. Aussi, clins d’œil sympathiques à l’évolution sexuelle d’un jeune homme exposé à de nouveaux stimuli.

Même si l’on comprend toute l’importance qu’avait le quasi-personnage de Jimmy dans la vie de Rémi, d’anecdote en anecdote, Vézina ne réussit pas à attendrir suffisamment le lecteur pour susciter chez lui de l’empathie pour la perte du chien. Le drame principal demeure malheureusement pâle.

En somme, ce court roman au style plutôt classique fait revivre les années 1950 dans toute leur rigueur sociale et leur rigidité émotive, à travers une jeunesse naïve et belle, emportée par un vent de liberté.

Publié le 9 juillet 2015 à 16 h 32 | Mis à jour le 9 juillet 2015 à 16 h 47