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Sous la direction de Micheline Cambron

LA VIE CULTURELLE À MONTRÉAL VERS 1900

Fides, Montréal, 2005
413 pages
39,95 $

La vie culturelle à Montréal vers 1900 est l’aboutissement d’une série d’événements (colloque, exposition, récital) organisés à Montréal « au printemps 1999 pour souligner le centenaire des Soirées du Château de Ramezay ». Ces « soirées » font référence aux réunions que les membres du réseau associatif de l’École littéraire de Montréal tinrent à partir de 1895 et évoquent en particulier les séances publiques de 1898-1899. Elles renvoient surtout à l’ouvrage collectif qui fut publié sous ce titre par les membres, en 1900, et qu’en l’occurrence deux des auteurs de la présente Vie culturelle…, Micheline Cambron et François Hébert, ont réédité en 1999. En tout 19 rédacteurs signent les 21 textes de cet essai abondant, qui couvre principalement la décennie 1895-1905 et dont le centre est la susdite École littéraire de Montréal, « le plus important de tous les groupes littéraires et artistiques qui animaient alors [la métropole ] ».

La littérature tient dans cet ensemble le haut du pavé, avec des textes de Jeanne Demers, Suzanne Martin, Michel Lemaire, Marta Horban-Carynnyk, François Hébert, Pascal Brissette et Réginald Hamel. Mais, comme le précise la « Présentation » de Micheline Cambron, d’autres « lieux disciplinaires » viennent illustrer « les déploiements rhizomatiques des divers mouvements artistiques et intellectuels qui s’entremêlent dans le désordre des discours et des pratiques de l’époque » ; à savoir la musique (avec Marie-Thérèse Lefebvre, Mireille Barrière et Réjean Coallier), le théâtre (avec Lucie Robert), l’histoire de l’art (avec Laurier Lacroix et Dominic Hardy) et l’histoire des institutions (avec Denis Saint-Jacques, Pierre Rajotte, Michèle Dagenais, Micheline Cambron, François Couture et Yvan Lamonde). L’espace manque ici pour apprécier la contribution de tous et chacun. Qu’il suffise de souligner la diversité des apports, tant par la force de l’argumentation que par la structuration de la pensée et le ton de l’énonciation.

Il faut par ailleurs faire tout particulièrement état de l’environnement visuel et sonore de l’ouvrage. D’une part, en effet, l’on y trouve pas moins de 111 illustrations en noir et blanc de même qu’un encart de 15 planches couleur proposant « un panorama de l’art visuel québécois de la période ». D’autre part, au livre s’ajoute un disque compact de 19 plages documentées dans un feuillet d’accompagnement de 11 pages aux couleurs d’une huile d’Ozias Leduc.

La vie culturelle à Montréal vers 1900 est d’ores et déjà une contribution majeure à l’étude du sujet en titre. Elle atteint même pour l’instant un sommet dans la poursuite d’une entreprise déjà marquée par d’excellents (mais rares) essais, tel L’avènement de la modernité culturelle au Québec publié en 1986 sous la direction d’Yvan Lamonde et Esther Trépanier.

Publié le 17 juin 2006 à 12 h 31 | Mis à jour le 30 novembre 2014 à 15 h 17