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Marie Nimier

LA REINE DU SILENCE

Gallimard, Paris, 2004
171 pages
27,50 $

Un livre attachant sur le jeu des sentiments et du non-dit à l’intérieur d’une famille française, avec l’espèce d’hérédité désastreuse qui peut s’en suivre. Marie Nimier est la fille de l’auteur Roger Nimier mort dans un accident d’auto alors qu’elle n’avait que cinq ans. Son père l’appelait « la Reine du silence » ; elle tente de trouver le sens véritable de cette expression énigmatique pour elle. Toute sa vie psychique s’organise autour de cette relation silencieuse avec son père, de cette « confusion des sentiments » aurait dit Stefan Zweig. L’image ambiguë de ce père mort à 36 ans, alors qu’il avait décidé de prendre un congé d’écriture de dix ans, poursuit sa fille qui ne parvient pas à l’interpréter. Elle vit de ce silence dont elle est plutôt l’esclave que la reine. Cela donne un récit d’une rare intensité, plein de douceur et d’émotion qui nous habitent encore, une fois le livre refermé.

Publié le 2 juin 2005 à 13 h 29 | Mis à jour le 2 juin 2005 à 13 h 29