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Lucie K. Morisset

LA MÉMOIRE DU PAYSAGE

HISTOIRE DE LA FORME URBAINE D'UN CENTRE-VILLE : SAINT-ROCH, QUÉBEC

Presses de l'Université Laval, Sainte-Foy,
286 pages
29,95 $

Le centre-ville de Québec s’est « déplacé » au fil des siècles, alternant entre la basse-ville (Place royale) et la haute-ville (le Vieux-Québec, ou autour de la Colline parlementaire), mais peu de quartiers ont connu des périodes d’effervescence comme Saint-Roch, dans la basse-ville de Québec. Autrefois secteur des usines, des chantiers, mais aussi des grands magasins et des salles de spectacles de la rue Saint-Joseph, il tombe en désuétude autour de 1970 avant de renaître, au début des années 2000.

Le magnifique ouvrage de Lucie K. Morisset retrace l’évolution de ce quartier populaire, mais réussit surtout à en montrer la richesse historique et à l’étudier sous plusieurs aspects : économiques, sociaux, urbains, patrimoniaux. Rasé par plusieurs incendies entre 1845 et 1870, le faubourg Saint-Roch a subi de nombreuses transformations, pour ne pas dire des mutations. On remarque aussi l’impact des politiques gouvernementales sur le milieu de vie des citoyens : on refait les berges de la Rivière Saint-Charles, on bétonne, on « débétonne » au fil des décennies et, chaque fois, la décision est perçue par tous comme étant une amélioration. L’un des aspects les plus fascinants de la longue histoire de ce quartier a été le déplacement d’une partie de la Rivière Saint-Charles, autrefois située autour du Parc Victoria, qui formait une presqu’île. Il existait donc une rivière entre le commissariat et l’usine Rothmans, là où passe aujourd’hui l’autoroute Laurentienne. Ce méandre (aujourd’hui oublié) a été enterré au milieu du XXe siècle et le très étroit Pont Victoria (situé à l’arrière du vieil Hôpital général) a été démoli à la fin des années 1960.

La recherche iconographique rassemblée par Lucie Morisset est exceptionnelle et inégalée, puisqu’on y trouve 300 illustrations (aquarelles des XVIIIe et XIXe siècles, plans, photos anciennes et récentes) de ce quartier. L’ensemble donne un résultat exceptionnel pour un livre savant ; c’est le genre d’ouvrage qui est appelé à recevoir des prix, en raison de sa clarté et de son indéniable utilité.

Publié le 14 janvier 2003 à 14 h 21 | Mis à jour le 14 janvier 2003 à 14 h 21