Philippe Labro

FRANZ ET CLARA

Albin Michel, Paris, 2006
188 pages
24,95 $

Ce roman, à la fois débordant de candeur et marqué par les contradictions humaines et les fêlures de l’enfance, peut de prime abord paraître simpliste. C’est cependant dans cette simplicité que vient se nicher la beauté de l’histoire. Clara, jeune violoniste talentueuse tentant tant bien que mal d’oublier un échec amoureux, fait la rencontre d’un jeune garçon de 12 ans qui viendra changer sa vie. La sagesse désarmante qui habite le corps gracile de Franz viendra panser le cœur de Clara et la poussera à dépasser ses propres limites pour aller au bout de ses rêves. Franz semble agir en véritable être solaire pour Clara. À l’instar du Petit Prince et du renard, il apprivoise Clara et apprend à lire en elle comme dans un livre ouvert. Ces deux êtres secrets semblent avoir bien plus en commun que leur passé trouble. Chacune de leurs rencontres est marquée par des discussions où chacun se révèle à l’autre et découvre, par le fait même, ses propres frontières. Au fil de leurs entretiens, l’amitié que Franz voue à la jeune artiste se métamorphosera en amour impossible. Bouleversée mais portée par le deuxième souffle qu’elle doit à la présence quotidienne du garçon, Clara décide de se rendre à Londres pour raffiner son jeu de violoniste et faire carrière comme soliste. Quelques années s’écoulent et les retrouvailles sont inévitables.

C’est alors que, pour le lecteur, le charme littéraire cesse d’opérer. La cadence musicale adoptée dès le début du récit se transforme en une écriture mécanique et beaucoup trop léchée. L’histoire sombre, par le fait même, dans un tourbillon de clichés amoureux mielleux qui étourdit. C’est comme si deux histoires au style complètement différent avaient fusionné ensemble. Le changement de narrateur y est peut-être pour quelque chose. Le récit semble achevé de manière précipitée. Tout se déroule à un rythme effréné, ce qui fait en sorte que la passion de Franz et Clara prend des proportions irréalistes. Néanmoins, Philippe Labro a tout de même le mérite d’avoir offert un roman sans trop de prétention et plus dépouillé que ses précédents. On reste cependant nostalgique de cette première partie où le pianissimo du ton adopté flirtait avec une franchise extrêmement poignante.

Publié le 26 novembre 2006 à 20 h 47 | Mis à jour le 26 novembre 2006 à 20 h 47