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Numéro 105

Olivier Weber

LA BATAILLE DES ANGES

Albin Michel, Paris, 2006
555 pages
31,95 $

Roman de toutes les batailles, celles de la Révolution française, celles d’un Napoléon messianique avec son armée d’Égypte, celles de jeunes aventuriers sur les terres des religions monothéistes. C’est une œuvre ambitieuse écrite par un romancier sûr de ses moyens, habile, qui mène son intrigue avec un bel art issu, dira-t-on sans vouloir rabaisser ses talents, du dix-neuvième siècle. Alexandre Dumas, Victor Hugo, Michel Zévaco rôdent dans ces pages, mais Olivier Weber ne se laisse jamais avoir par ces fantômes et les sublime, en quelque sorte. C’est aussi un roman d’aujourd’hui, qui fait référence à la réalité des conflits du Proche-Orient, aux guerres interminables qui engendrent tant de victimes et de dégâts.

Roman d’une recherche, celle d’une mystérieuse Règle de vie qui prônerait l’entente entre les religions. Les héros quittent la France à peine sortie d’une Révolution dévastatrice et se retrouvent dans un Orient qui commence à attirer ceux qui convoitent ses richesses, d’abord spirituelles et mystiques. Napoléon est là, avec son armée et ses généraux, agresseur et conquérant, imbu de puissance, orgueilleux et assuré de son bon droit. Contre lui, des Français, des Anglais, des Turcs et, surtout, des juifs, des chrétiens, des musulmans qui veulent continuer de vivre ensemble une espèce d’entente plus ou moins cordiale. La guerre menée par Napoléon risque de tout détruire. C’est une lutte qui commence, cruelle et dévastatrice.

Le personnage d’Antoine de Phélippeaux est un drôle de zèbre et gêne parfois aux entournures. Héros à n’en point douter dans la veine de Dumas, on l’a déjà dit, donc flamboyant et idéaliste, amoureux fou d’Hortense, il est aussi un traître, puisqu’il s’allie aux Anglais et aux Turcs, ennemis de Napoléon en ces terres d’Orient et cela, parce qu’à peine expliqué par l’auteur, laisse, oserait-on dire, un goût amer. Ce qui prouve, en tout cas, qu’on prend malgré tout très au sérieux les personnages d’Olivier Weber. Des héros donc avec du panache, des idées généreuses et des élans humanitaires.

Un beau livre plein d’Histoire, nourri d’histoires, qui amène le lecteur sur des terres chargées de tous les charmes du monde. Mil péripéties, des cavalcades, des cris, des rires, des pleurs, de l’amour, la mort et, simplement, la vie toute colorée dans un style brillant.

Publié le 26 novembre 2006 à 20 h 45 | Mis à jour le 26 novembre 2006 à 20 h 45