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Vida Amirmokri, Homa Arjomand, Élaine Audet, Micheline Carrier, Fatima Houda-Pepin

DES TRIBUNAUX ISLAMIQUES AU CANADA ?

Sisyphe, Montréal, 2005
96 pages
9,95 $

Ce court ouvrage composé de chapitres écrits par Vida Amirmokri, Homa Arjomand, Élaine Audet, Micheline Carrier et Fatima Houda-Pepin vise à présenter et à condamner la menace que pose l’introduction de tribunaux islamiques au Canada. Il a été rédigé avant la décision ontarienne d’abandonner ce choix, à la suite de la polémique créée par la publication du rapport Boyd, commandé par le gouvernement de l’Ontario qui avait décider d’étudier cette épineuse question et de recommander une voie d’action. Rappelons qu’au Québec, l’Assemblée nationale a adopté unanimement une motion, instruite par la députée (de religion musulmane) Fatima Houda-Pepin (et une auteure de ce livre) rejetant l’instauration de tribunaux islamiques. C’était en mai 2005.

C’est beaucoup le relativisme culturel induit par le multiculturalisme qui est ici pourfendu, cette espèce d’idée molle qui veut que toutes les coutumes se valent et qu’elles doivent donc être tolérées. « La menace d’implantation de tribunaux islamiques au Canada, au nom de la liberté religieuse, de la tolérance et de la relativité culturelle, doit être prise au sérieux et dénoncée comme une nouvelle tentative, de la part de groupes islamiques, d’institutionnaliser la domination masculine, l’apartheid sexuelle, la xénophobie et la loi coranique à travers le monde. »

Le livre s’en prend au lobby et au jeu menés par les activistes qui agissent derrière cette tentative d’islamiser les tribunaux de droit de la famille. Les auteures ne se montrent guère convaincues par leurs supposés nobles idéaux, associés au respect du droit des minorités, un culte de la culture canadienne. La pratique musulmane étant foncièrement, à l’heure actuelle, discriminatoire envers les femmes, l’introduction de la charia remet clairement en cause l’égalité des sexes reconnue dans les Chartes canadienne et québécoise visant à protéger les droits et libertés de la personne. Sans compter que l’application d’un tel code religieux sur le plan civil contribuerait à « guettoïser » la communauté musulmane et, possiblement, à la rendre ouvertement victime de préjudices à caractère racial.

Publié le 1 mars 2006 à 16 h 41 | Mis à jour le 2 décembre 2014 à 16 h 43