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0 – Ne cherchez pas ! (Présentation du numéro 164)

Mais qui donc nous accueille en couverture de ce numéro ? Une écrivaine de la relève ? Une actrice de films d’horreur ? Ne cherchez plus. Il s’agit d’une modélisation 3D, un avatar numérique créé à partir de fragments d’images, de textures biologiques… Bref, quelqu’un qui n’existe pas. Du moins dans le monde tel que nous le connaiss(i)ons ? Cette création, on pourrait dire créature, est une œuvre, inédite à ce jour, de l’artiste multidisciplinaire et autrice Karoline Georges.

Il y a 200 ans cette année paraissait pour la première fois en français Frankenstein ou le Prométhée moderne de Mary Shelley, roman philosophique bien plus que d’épouvante. Publié originalement en 1818 de manière anonyme, le roman épistolaire connaît un succès immédiat. Comme personnage central : un être – ostracisé s’il en fut – créé de toutes pièces par le savant suisse Victor Frankenstein à partir de fragments de cadavres et d’une étincelle électrique. Depuis, on ne compte plus les déclinaisons (infidèles) de la mythique créature : « Ce n’est pas le personnage littéraire de Mary Shelley qui prend forme à l’écran, mais plutôt une mauvaise caricature, quasi burlesque, un mélange de zombie sans âme et de robot inexpressif », nous rappelle Karoline Georges dans « Frankenstein et moi » où elle raconte sa découverte, à l’adolescence, du roman de Shelley et l’influence qu’il exerce encore sur son propre parcours.

Oui, à l’ère de l’intelligence artificielle, le mythe de Frankenstein est peut-être plus actuel que jamais. Il parle encore de nous. Et Jeanette Winterson, figure de proue de la littérature queer britannique, en fait la preuve avec Frankissstein. Par Patrick Bergeron : « De l’amour et des restes posthumains ».

La poésie toujours

Pour faire suite à « Tous les temps du poème », voici « Tous les vents du poème », enquête menée par Michel Pleau auprès de neuf poètes du Noroît, maison qui célèbre cette année son 50e anniversaire. Que sera la poésie devenue dans 50 ans ?

Toujours en poésie, Valérie Forgues présente le plus récent recueil de la Nord-Côtière d’origine Noémie Pomerleau-Cloutier1. La patience du lichen « brosse le portrait d’espaces vastes où la poète trouve une partie d’elle-même et ouvre les bras grands vers l’autre ».

Bienvenue, lectrices et lecteurs, dans les pages de ce numéro d’automne qui, de parties d’échecs en réflexions sur le racisme, la misogynie ou encore le rêve, vous réservent, nous l’espérons, d’agréables et captivants moments.

 


1. Un très grand merci à Noémie Pomerleau-Cloutier pour ses belles images de la lointaine Basse-Côte-Nord. 

Publié le 2 novembre 2021 à 13 h 19 | Mis à jour le 12 novembre 2021 à 15 h 26