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Mode lecture zen

NUIT BLANCHE

Calvitie installée, comme pour faciliter le port d'une kippa, un nid, composé à la diable, de cheveux crépus près du sommet droit de la tête, travaillé puis délaissé par des doigts nerveux et aveugles, angoisse d'un énième Salon du livre, ennui aussi, ce dont témoignent des yeux faussement endormis, tirés, cernés, derrière l'écran des lunettes de corne classiques.

Long nez, visage glabre semé de poils rares et durs auxquels on a fait toilette vitement et machinalement au rasoir électrique. Un habitué des chambres d'hôtel ? Son grand corps maigre se perd dans un complet sombre à fines rayures, souligné discret. En complément, chemise blanche, le col est empesé, et cravate abstraite. Je n'ai pas osé trop m'attarder sur ses pieds. Ils étaient déjà dissimulés, fortuitement, sous la table. J'aurais peut-être aperçu, autre abstraction-attraction, de gros souliers gaulliens, bruns, durables, dont la copie persiste dans tous . . .

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