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Louis Valcke

VIGNETTES ÉGYPTIENNES

ET AUTRES RÉCITS

G.G.C., Sherbrooke, 2003
217 pages
17,95 $

Après Un pèlerin en vélo, Récit hybride d’un voyage à Saint-Jacques-de-Compostelle (1997), Louis Valcke réunit, dans son plus récent recueil, des écrits de voyages d’un genre bien différent : l’ascension nocturne du mont Sinaï dans le pays de Madian ; la traversée du golfe de Gascogne sur le Belem, le dernier trois-mâts authentique de la marine française ; la navigation en cargo de « Halifax à New York en passant pas Tampico » ; la traversée mouvementée en transat de l’Atlantique vers l’Europe, avec escale aux Açores ; et enfin la visite guidée de certains attraits touristiques d’Égypte, depuis le Caire, ville moderne et surpeuplée jusqu’aux temples silencieux de Philae, joyaux de l’ancienne Égypte situés sur l’île d’Agikia.

Pour différents qu’ils soient, ces voyages ont cependant tous un point en commun. Comme le dit Louis Valcke, « l’imagination et le rêve sont les premiers ingrédients de tout voyage ». C’est particulièrement le cas lorsque les lieux visités comportent un signifié « culturel » très prégnant dans l’esprit du voyageur. La dimension mythique et la profondeur historique de l’Égypte, par exemple, créent inévitablement un hiatus entre ce qu’elle est et ce qu’elle représente. L’espace réel parcouru n’est plus alors que le prétexte d’un espace passé à reconstituer. L’auteur avoue lui-même que « ce n’est pas, ou si peu, l’Égypte d’aujourd’hui que nous visitons, mais une Égypte du passé, morte depuis près de 2000 ans ». De même, en parcourant la terre sacrée du Sinaï, le voyageur admet qu’il faut « être capable de rêver pour reconnaître, sur simple convergence de leur description, les sites bibliques et les lieux que nous allons traverser ». Dans ce contexte, le voyage provoque des réactions très variables chez le voyageur. Tantôt il engendre l’étonnement et l’admiration, tantôt la désillusion et la critique, notamment à l’égard du tourisme et de ses petites « arnaques ». La visite trop rapide de certains sites, l’absence de « vrai contact » avec les Égyptiens, la nourriture occidentalisée (« Pas même une cuillerée de couscous : en pays arabe, faut le faire »), etc. ne compromettent toutefois pas le plaisir que le voyageur éprouve à réaliser ses rêves et à les partager avec le lecteur.

Publié le 15 juin 2004 à 10 h 42 | Mis à jour le 26 novembre 2014 à 15 h 16