Fredric Gary Comeau

VÉRITÉS

Perce-Neige, Moncton, 2008
103 pages
14,95 $

Écrit entre Montréal, Cuba, Paris et Buenos Aires, ce beau recueil comprenant de surprenantes pages nous amène à comprendre, à voir que notre dite « réalité » est parsemée de significations, de « vérités » ne nous sautant point toujours aux yeux. Le poète est situé dans un « maintenant » mais nous parle d’un « Ailleurs » qu’il habite en s’adressant à une femme désirée, aimée. Mais il ne pourra, on le devine, tout englober dans son écriture. « [J]e ne suis pas d’ici / ne cernerai jamais / ce qui anime ces gens / les pousse toujours / à sortir de leurs gonds / à oublier de respirer / en clamant leur existence. »

C’est sans doute le sort de l’art poétique – de toute la culture ? – que cette capacité limitée de faire surgir le Sens, d’ouvrir, d’éclairer nos horizons trop souvent quadrillés par des codes et des valeurs qui ne nous appartiennent pas. Serait-ce, d’ailleurs, pour cela que la poésie s’appuie sur de fragiles ancrages – cela facilitant son universalité ? Le poète n’a ainsi pas le choix de rappeler ceci : « [A]vance toujours / dans ce monde que je n’ai pas du tout cerné / peu importe où je suis je ne suis pas d’ici ». 

Publié le 2 avril 2015 à 10 h 49 | Mis à jour le 2 avril 2015 à 10 h 50