Accueil > Commentaires de lecture > Fiction > UN FLEUVE DE TÉNÈBRES

Rennie Airth

UN FLEUVE DE TÉNÈBRES

Trad. de l'anglais par Jean Rosenthal
De Fallois, Paris, 2000
457 pages
29,95 $

Quand l’inspecteur John Madden est envoyé par Scotland Yard pour enquêter sur une affaire de meurtre dans un petit village paisible du Surrey, il est loin de se douter qu’il vient de mettre les pieds en Enfer. Une famille entière a été massacrée dans des circonstances étranges et il est clair, dès le départ, qu’il ne s’agit pas d’un cambriolage qui a mal tourné : les meurtres ont été soigneusement planifiés et exécutés de façon professionnelle. Le seul témoin de la tragédie est une petite fille, en état de choc, qui a été confiée à la garde du docteur Helen Blackwell, une amie de la famille massacrée.

Madden, un homme tourmenté par ses propres démons, qui a survécu aux horreurs des tranchées de la Première Guerre mondiale, se rend vite compte qu’il a affaire à un tueur en série qui a déjà fait d’autres victimes et qui s’apprête à récidiver. Nous sommes en 1921. La police n’est pas vraiment équipée pour faire face à un maniaque qui semble avoir subi un traumastisme important pendant la guerre. La question principale qui hante Madden et son équipe est la suivante : pourquoi le meurtrier s’en prend-il aux femmes, selon un rituel bien établi et incompréhensible ? En désespoir de cause, et à l’insu de ses supérieurs, John Madden va demander conseil à un disciple de Freud (un ami du docteur Blackwell) qui lui établit un profil approximatif du tueur et l’éclaire sur ses motivations profondes. À partir de là, l’enquête va progresser rapidement et le lecteur, subjugué, est incapable de laisser le roman avant son dénouement spectaculaire.

Rennie Airth mêle de façon intelligente les éléments d’une intrigue policière et le contexte historique ; l’Angleterre des années 1920 où la guerre de 14-18 a laissé de profondes cicatrices dans les âmes de ceux qui ont participé à ce conflit. Il nous raconte aussi les premiers balbutiements de la psychologie appliquée se mettant au service des forces policières souvent réticentes à adopter de nouvelles méthodes de travail et d’enquête. L’atmosphère sombre, macabre, de ce suspense remarquable est compensée par l’intrigue amoureuse entre Madden et Helen Blackwell qui apporte une note d’espoir et de fraîcheur.

Publié le 14 janvier 2003 à 14 h 21 | Mis à jour le 3 décembre 2014 à 19 h 57