Maddly Bamy

TU LEUR DIRAS

Fixot, Paris, 1999
222 pages
26,95 $

Objet de voyeurisme aux motivations douteuses… ou document indispensable pour bien comprendre les dernières années du géant belge ? Et pourquoi toutes ces années avant la publication d’un témoignage qui dit s’appuyer sur des notes (ou enregistrements ?) datant de plus de vingt-cinq ans ? Ce complément biographique, entièrement basé sur les dernières années de Brel passées en compagnie de Maddly Bamy, suscite plusieurs questions quant aux intentions de son auteure.

Autant le dire, le style et l’organisation de l’ouvrage laissent grandement à désirer. La suite un peu décousue des souvenirs aura peu de chances d’intéresser d’autres personnes que celles qui se passionnent déjà pour le sujet, même s’il est difficile de n’être pas touché par les cartes postales amoureuses qui font découvrir le Jacques Brel d’après les grands bouleversements scéniques, celui qui s’accorde enfin quelque répit, en partie à cause du cancer qui le ronge à une vitesse folle. En optant pour le flux brouillon et irrégulier de la mémoire vive, l’auteure peut décevoir, mais au bout de quelques dizaines de pages, le sentiment s’en tire tout de même intact, pour peu qu’il suffise.

Un des partis pris a été de faire « parler » Brel le plus souvent possible. Des pages entières reproduisent donc des conversations, des réflexions à voix haute, ce qui donne un peu l’impression d’un documentaire. Mais tout est tellement centré autour de la relation avec Maddly Bamy qu’on a un peu l’impression que c’est d’elle qu’il s’agit de tout savoir. On pourrait peut-être même parler de la biographie d’un couple plutôt que d’un témoignage sur les derniers jours de Brel. Comme la suite des événements est relativement brouillée par divers retours en arrière et l’entrecroisement de moments très divers, on se retrouve avec l’équivalent d’un ensemble de fragments de notes, d’un journal de bord, morceaux enrichis d’un discours sur la divinité de l’amour et le caractère vraiment exceptionnel du célèbre chanteur.

S’il ne constitue pas une porte d’entrée idéale, ce livre, juste assez court, donne un aperçu complémentaire sur la vie de Brel, en particulier sur la nébuleuse relation symbiotique qui a marqué ses années de maladie.

Publié le 30 janvier 2015 à 14 h 13 | Mis à jour le 30 janvier 2015 à 14 h 13