Accueil > Commentaires de lecture > Fiction > TROIS FOIS SEPTEMBRE

Numéro 79

Nancy Houston

TROIS FOIS SEPTEMBRE

Babel/Actes Sud, Paris, 1999
217 pages
11,95 $

Écrit directement en français, ce roman de Nancy Huston nous parle essentiellement de quête identitaire. C’est, on le sait, une avenue habituellement empruntée par la romancière. Dans le cas qui nous occupe, Solange Vauginas a en sa possession des documents (journaux intimes, carnets, cahiers, correspondances) ayant appartenu à son amie Selena Twick qu’elle a connue lors d’un séjour d’études aux États-Unis à la fin des années 1960. C’était l’époque d’une contestation globale des valeurs de la société occidentale et, surtout, de la guerre du Vietnam.

Le roman a pour moteur la lecture que Solange fait à sa mère Renée — le temps d’un week-end — des textes hérités de Selena. Ces derniers mettent au jour des zones troubles de l’existence de celle-ci et d’autres protagonistes dans ce roman axé sur l’intériorité, la quête de sens. La lecture, en révélant des aspects cachés d’une vie, crée en quelque sorte l’obligation de se redéfinir soi-même.

Ce livre, qui retrace le parcours d’une courte vie, peut être perçu à la manière d’un roman d’apprentissage : celui de Selena, de sa terrible descente aux « Enfers ». Sur un plan strictement formel, le procédé des « textes » dans le « Texte » n’ a rien de fondamentalement original ; il est, ici, employé intelligemment malgré une certaine lourdeur propre à ce type d’approche romanesque.

Publié le 14 janvier 2003 à 14 h 21 | Mis à jour le 9 janvier 2015 à 18 h 10