Alberto Vázquez-Figueroa

TOUAREG

Trad. de l' espagnol par Frédéric Eugène Illouz
L'Archipel, Paris, 1999
306 pages
29,95 $

Les lois touareg sont-elles valides face aux lois nationales ? Le « Peuple du voile », les indomptables Imohags, ceux que le reste des mortels connaissent sous le nom de Touareg, peuvent-ils exister politiquement hors tout État ? Derrière le roman d’aventures, Alberto Vázquez-Figueroa pose tout le problème actuel des Touareg et de leur soulèvement armé au Sahara. Hommage rendu à un peuple qui, depuis le départ de l’ancienne puissance colonisatrice, et plus encore cette dernière décennie, lutte pour sa survie.

Gacel Sayah est, sans nul doute, le dernier des Touareg. Il se fait un devoir d’honorer une loi, plus ancienne que le Coran : la loi d’hospitalité. Cette tradition millénaire va l’emporter, ainsi que sa famille, au crépuscule de sa lignée. La race targie, libre, noble et guerrière s’est maintenue parce qu’elle n’a jamais accepté une humiliation ou un affront. Aussi Gacel, Imouharh des Kel Taguelmoust, ne pouvait laisser impuni deux crimes perpétrés sous son toit : l’assassinat d’un homme sans défense et l’enlèvement d’un autre par la force. Son honneur sera lavé lorsque son hôte aura recouvré la liberté. Avec calme et maîtrise de soi, vertus nécessaires pour survivre dans le désert infini, Gacel va entreprendre, pour remplir son devoir d’hospitalité, ce qu’aucun homme auparavant n’a réussi : la traversée de la « terre vide », l’enfer sur terre.

Du temps des Pharaons, les Touareg peuplaient l’île de Crète ; ils étaient réputés pour leur culture et leur puissance. Le récit d’Alberto Vázquez-Figueroa dessine toute la fresque de l’histoire targuie depuis les origines jusqu’à aujourd’hui, aux relations contemporaines avec les institutions arabes. Le principal reproche de Gacel porte sur le fait que les Arabes ont copié les lois absurdes des Français, et, comme ces infidèles roumis, personne ne les respecte.

Par la stupide (?) obstination qui l’a poussée à défendre des traditions périmées, Gacel a tout perdu, a mis en péril ce qu’il possédait de plus cher au monde, et cela en vertu de principes chimériques cependant fondateurs. Il a même fait que se réalise une prédiction de cartomancienne.

Publié le 14 janvier 2003 à 14 h 21 | Mis à jour le 16 février 2015 à 10 h 51