Clive Cussler

SERPENT

Trad. de l'américain par Claudie Langlois-Chassaignon
Grasset, Paris,, 2000
473 pages
29,95 $

Ce roman s’adresse aux amateurs de paléontologie et de plongée sous-marine. En fait, il s’adresse d’abord aux amateurs de bons romans d’aventures. L’auteur, qui a fait carrière au sein de l’Agence marine et sous-marine américaine (National Underwater and Marine Agency, NUMA), a écrit de nombreux romans ayant pour scène le monde sous-marin dont L’or des Incas, Sahara, Dragon, Onde de choc, Chasseurs d’épaves et Raz de marée. Ses romans s’inspirent des archives de la NUMA, ce qui leur donne un fond de vérité même si les histoires finissent par être abracadabrantes.

À l’origine de ce dernier récit se trouve l’accident maritime ­ réel ­ qui envoyait par le fond l’Andrea Doria au large des côtes de New York, en 1956. Le paquebot italien aurait emporté dans ses cales une antiquité précolombienne prouvant l’existence de liens entre le Nouveau Monde et le vieux continent, longtemps avant les voyages de Christophe Colomb. La fiction commence avec le sombre complot ourdi par une secte catholique plusieurs fois centenaire, originaire d’Espagne, dont la visée est de faire disparaître toute trace de relation entre l’Amérique et l’Europe antérieure à Christophe Colomb, pour préserver sa gloire et, par la même occasion, la prépondérance de l’Église catholique. Or la secte a connu une mutation, pour devenir un groupe terroriste ; ses dirigeants veulent faire des États américains où l’influence hispanique prédomine (Californie, Nouveau-Mexique et Texas) un État catholique indépendant. Le groupe accumule l’argent nécessaire pour acheter des armes et de l’influence. Ils volent œuvres d’art, artefacts, font du trafic de drogue. Seuls les scientifiques de la NUMA pourraient contrecarrer leur plan : ils doivent donc disparaître sinon le complot sera révélé au grand jour.

On oscille constamment entre la réalité et la fiction, la première rendant vraisemblable la seconde. Une bonne part des qualités de l’écriture de Clive Cussler se trouve là. La traduction laisse à désirer mais passés les premiers chapitres, l’agacement cède la place à l’intérêt. Un roman d’aventures bien mené.

Publié le 14 janvier 2003 à 14 h 21 | Mis à jour le 19 décembre 2014 à 11 h 00