Alessandro Baricco

SANS SANG

Trad. de l'italien par Françoise Brun
Albin Michel, Paris, 2003
113 pages
19,95 $

Il y a les histoires de sang, de tueries frénétiques qui marquent de façon indélébile ceux qui en ont été témoins et l’histoire de ceux-là qui gardent au fond d’eux-mêmes le cruel secret qui les ronge. Ce sont les deux pans de ce drame qu’Alessandro Baricco a voulu exposer dans un récit fulgurant dont les deux parties se situent à plus de soixante ans de distance. Le drame brut vécu par une fillette qui assiste à l’assassinat de son frère et de son père, et le retour d’une vieille dame sur son passé par la rencontre du meurtrier qui lui raconte pourquoi il n’avait pas osé la tuer. Cela écrit dans une langue d’une grande sobriété et d’une grande justesse qui ne fait que mieux ressortir l’intense émotion qui finit par lier de façon inéluctable l’enfant et le meurtrier au dernier tournant de leur vie, dans une vision libératrice qui efface le sang versé. Comme en un fabuleux poème qui transmuerait en amour et la peur et la haine. Une bien belle histoire qui se lit avec ravissement.

Publié le 30 septembre 2003 à 10 h 09 | Mis à jour le 4 décembre 2014 à 17 h 16