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NUIT BLANCHE

Jacques Côté est écrivain, biographe, professeur et collabore au journal Le Québécois. Déjà célébré au Québec pour ses polars aux intrigues sinueuses (entre autres Le rouge idéal,qui a remporté le prix Arthur-Ellis du meilleur roman policier canadien), Côté a aussi beaucoup écrit sur la politique et la question québécoise, mais sans y consacrer une publication.

Son plus récent ouvrage, Salut l’indépendance, regroupe une quarantaine de textes de formes variées (essai, lettre d’opinion, récit, fiction caricaturale, analyse) rédigés entre 1980 et 2005, qui se veulent des « instantanés d’événements marquants ». Au fil des pages, Jacques Côté construit une relecture personnelle de l’histoire récente du Québec. Tous écrits dans le feu de l’action et sans un réel recul historique, les textes, pour la plupart chargés d’une grande intensité émotionnelle, nous ramènent à des thématiques tantôt historiques, tantôt politiques, tantôt culturelles. Une constante : la virulence de l’auteur qui, vraiment, ne fait pas dans la dentelle.

Sur 157 pages, il se livre à une succulente guérilla intellectuelle. L’escroquerie du rapatriement de la constitution, la propagande fédérale, l’échec du lac Meech, la loi sur la clarté ; une analyse après l’autre, Côté se dévoile peu à peu non seulement comme un très bon pamphlétaire mais aussi comme un excellent observateur.

Néanmoins, si les critiques de l’auteur sont le plus souvent très à propos, on ne peut malheureusement pas en dire autant de sa présentation de l’histoire québécoise. En effet, l’auteur raconte les choses à sa manière et comme il l’entend. Cependant, le fait qu’il qualifie lui-même son livre de « contre-propagande » apporte une forte nuance à cette critique : Côté ne cherche pas à donner un cours d’histoire, mais bien à secouer le Québécois pour le sortir de sa torpeur intellectuelle. Et ça, il le fait très bien.

De cet ouvrage grinçant et gonflé d’humour noir émane une fraîche impression de jeunesse, d’espoir et de fierté. Associant de solides analyses sociopolitiques à un style tout à fait authentique qui mêle cynisme et sensibilité, Salut l’indépendance fait partie de ces bouquins qu’on ne peut lire sans broncher.

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