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Jean-François Hamel, Annie Mercier

LE SAINT-LAURENT : BEAUTÉS SAUVAGES DU GRAND FLEUVE

De L'Homme, Montréal, 2000
224 pages
39,95 $

Le titre promet et le livre tient parole. Qu’elles rendent hommage au fleuve ou qu’elles nous rapprochent des espèces aquatiques, les photographies sont, en effet, aussi précises que saisissantes de beauté. Il était ingénieux, d’autre part, de parcourir le Saint-Laurent de bout en bout plutôt que de n’en retenir, comme on le fait souvent, qu’un segment ou le seul estuaire. Que Montréal fasse figure de piège pour un fleuve de cette taille, que les Grands Lacs s’incorporent au parcours et que Québec, conformément à l’histoire, soit un lieu particulier de ce long cheminement, tout cela s’intègre à une vision globale convaincante.

Cette vision, les auteurs la précisent dans un style qui ne fait aucune concession, peut-être pas assez, à la vulgarisation. Les légendes ne sont pas toujours collées aux photographies, les noms et les termes scientifiques surabondent sans qu’un décodage les accompagne, l’abus des superlatifs surprend dans une rédaction par ailleurs impeccablement et prudemment respectueuse des faits. Les auteurs auraient cependant raison d’inviter leurs lecteurs, moi y compris, à faire l’effort d’apprivoiser un grand fleuve qui s’offre longuement et puissamment à nous, mais dont nous ignorons les secrets. Que le Saint-Laurent nous devienne plus familier et nous ne refuserons plus d’apprendre ce que veulent dire des mots comme « exaudés » ou « intertidaux ». Tel qu’il est, l’album est une joie pour l’il, une nourriture pour l’intelligence, une fierté pour le cœur.

Publié le 14 janvier 2003 à 14 h 21 | Mis à jour le 16 avril 2015 à 9 h 50