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Numéro 97

Ying Chen

QUATRE MILLE MARCHES

Boréal, Montréal, 2004
97 pages
17,95 $

Pour Ying Chen, la romancière de L’ingratitude et de Immobile, l’ascension des quatre mille marches menant au sommet du célèbre mont Huang Shan illustre « la grandeur inutile de l’art » et en particulier son combat personnel pour maîtriser la langue française. Ce livre est un peu le carnet intime où elle poursuit une réflexion essentielle sur ses origines et ses appartenances. Elle y découvre que son seul véritable pays, c’est l’écriture ; là seulement elle a l’impression de pouvoir se révéler et s’affirmer comme un être unique, en accord avec elle-même. Quand elle est retournée en Chine, après une longue absence, elle y a reconnu des sensations fortes qui lui étaient familières, mais elle n’y a pas vraiment retrouvé ce pays où elle avait vécu vingt-huit ans. Elle évoque par ailleurs les frustrations que lui a fait subir un douanier canadien en la traitant impoliment comme une étrangère « de couleur », alors qu’elle se sent parfaitement intégrée à notre pays.

Tous les témoignages de ce livre étonnant de franchise et de simplicité vont droit au cœur du problème d’une recherche d’identité qui nous concerne tous.

Publié le 24 novembre 2004 à 10 h 55 | Mis à jour le 24 novembre 2004 à 10 h 55