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Tom Flanagan

PREMIÈRES NATIONS ?

SECONDS REGARDS

Trad. de l'anglais par Pierre Desrosiers
Septentrion, Sillery, 2002
304 pages
27,95 $

Tom Flanagan, politologue à l’Université de Calgary, est un ultra-libéral tel qu’il s’en cultive dans les plaines de l’Ouest canadien. Son essai, préfacé par Guy Laforest de l’Action démocratique du Québec, est accompagné des commentaires de l’avocat Ghislain Otis et du philosophe Charles Taylor. L’argument de l’auteur est simple : les politiques autochtones au Canada assurent pouvoir et richesse à une petite élite d’activistes, de politiciens, d’administrateurs, d’intermédiaires et d’entrepreneurs privilégiés, tout en enfonçant davantage dans la misère les populations qu’elles sont censées aider.

Il démontre que plus le gouvernement dépense de l’argent pour les autochtones, plus ils s’appauvrissent. Le problème, d’après Tom Flanagan, est qu’ils n’ont pas accès à la propriété privée. Celui-ci affirme : « S’il y a une chose dont les Canadiens doivent se sentir coupables, c’est du fait que nos gouvernements, nos lois et nos tribunaux ont maintenu les Indiens à l’écart du monde de la propriété individuelle plutôt que de les encourager à y entrer ».

L’auteur rejette le concept de Premières Nations. D’après lui, les peuples autochtones ne forment pas des nations. Plusieurs de ces « nations » comptent seulement quelques centaines d’individus. Tom Flanagan signale que le ROC (Rest of Canada) adhère d’autant plus aisément au concept de Premières Nations que celui-ci rend illégitime l’Autre Nation, celle qui s’affirme comme telle et qui en présente les attributs, le Québec.

Il y aurait absence de civilisation chez les peuples autochtones qui se voient ainsi repoussés dans les limbes de la barbarie. L’auteur affirme que les Européens sont venus en Amérique avec leurs semences pour y instaurer l’agriculture. Il fait bien peu de cas des plantes empruntées par l’Europe à l’Amérique et parmi lesquelles comptent la pomme de terre, la tomate, le maïs et le tabac.

Charles Taylor a le dernier mot, affirmant que la question autochtone ne consiste pas à savoir si les autochtones étaient les premiers à occuper le territoire. Le problème est plutôt, qu’étant donné leur antériorité, ils n’ont jamais adhéré au modèle de la société occidentale, qu’ils y ont été incorporés de force.

Publié le 19 juin 2003 à 17 h 48 | Mis à jour le 26 décembre 2014 à 9 h 34