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Nicolas Gage

ONASSIS ET LA CALLAS

Robert Laffont, Paris, 2000
457 pages
29,95 $

Un homme qui se croyait tout-puissant, invincible aussi bien en amour qu’en affaires. Une femme passionnée, cantatrice célèbre, adulée du public, pour qui le plus grand rêve, selon ce qu’elle aurait maintes fois confié à ses amis, eût été d’épouser « Ari » et d’avoir des enfants. On arrive à le croire en apprenant que lors des nombreuses et longues croisières sur le Christina d’Onassis, elle ne travaillait jamais sa voix, même lorsque celle-ci commença à connaître des ratés. Présentés l’un à l’autre à Venise en 1957, tous deux de langue et de culture grecques, ils se sentent aussitôt des atomes crochus. Ils deviendront amants en 1959, discrètement, à l’occasion de la première croisière de la Callas sur le Christina, à laquelle participent notamment l’invité d’honneur, Sir Winston Churchill, le mari de Maria, l’Italien Menenghini, Tina, l’épouse d’Aristote, et leurs deux enfants. Leur liaison durera neuf ans, jusqu’à ce que le richissime armateur, ayant depuis toujours un penchant pour les puissants de ce monde et une propension à séduire les femmes célèbres, contracte un mariage avec la plus illustre de la planète, la veuve de John-F. Kennedy. C’est ce qui le perdra aux dires de ses contemporains grecs qui attribuent à la moïra, son orgueil, les malheurs qui s’abattent sur lui après son mariage en 1968, cérémonie à l’issue de laquelle son fils, Alexandre, dira : « Ils sont parfaitement assortis. Mon père aime son nom, et Jackie aime son argent. » Maria Callas, subitement évincée, tentera d’oublier, en vain. L’amante trahie se consume chaque jour un peu plus, même si « Ari » revient, déçu, quelques semaines à peine après son mariage avec Jackie.

Du métier de la grande cantatrice, on aimerait que Nicholas Gage parle davantage. Quand il le fait, c’est un peu comme l’échotier qui rapporte ses grands succès, souligne ses qualités exceptionnelles de tragédienne, mais aussi les défaillances de sa voix et ses nombreuses défections. Gage entend surtout rétablir la vérité que des biographes avant lui auraient malmenée sur les amours des deux Grecs modernes les plus célèbres, sur les circonstances entourant leur mort et celle de leurs proches.

Publié le 14 janvier 2003 à 14 h 21 | Mis à jour le 14 janvier 2003 à 14 h 21