Bernard Werber

NOUS, LES DIEUX

L'ÎLE DES SORTILÈGES

Albin Michel, Paris, 2004
410 pages
29,95 $

Les amateurs de Bernard Werber crieront au génie, les autres, normalement, devraient se laisser prendre par l’intrigue et vivre un bon moment de lecture. Dans la forme comme dans le fond, c’est un classique narratif werbérien : l’intrigue est entrecoupée de réflexions tirées de L’encyclopédie du savoir relatif et absolu. Peut-on parler d’une écriture autoréférentielle ? L’auteur reprend en effet ses inconditionnels, jusque dans les noms de ses valeureux protagonistes (issus des Thanatonautes).

Après les fourmis, les Angelonautes, les Thanatonautes, nous voilà aux Théonautes. Les mêmes héros découvrent un autre univers, suite logique des autres mondes : le royaume des dieux. Et pas n’importe lequel, car dans le premier tome de cette trilogie, il n’est exclusivement question que de dieux gréco-romains et de toute la cohorte mythique des chimères, des monstres, des titans Être un dieu, c’est passer du microcosme au macrocosme : 144 élèves de la promotion des apprentis-dieux doivent faire évoluer plusieurs troupeaux d’humains sur des milliers, voire des millions d’années, leur donner une direction, un but. Si ce n’était que cela, la saga deviendrait assommante, mais Werber saupoudre les pages d’une intrigue policière – qui veut tuer les apprentis-dieux ? –, d’une romance impossible – tomber amoureux d’Aphrodite, quelle ineptie ! –, d’une découverte vulgarisatrice des spiritualités et des mythologies.

Publié le 21 février 2005 à 15 h 34 | Mis à jour le 16 février 2015 à 19 h 49