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Numéro 81

Carlene Thompson

NOIR COMME LE SOUVENIR

Trad. de l’américain par Hélène Amalric
Libre Expression, Montréal, 2000
381 pages
12,95 $

Traduit en 1991 et initialement publié dans la collection « J’ai lu », ce roman de Carlene Thompson a fait l’objet d’un projet d’adaptation cinématographique, ce qui explique sans doute cette réédition. Et c’est tant mieux pour nous, lecteurs, car ce thriller mérite d’être (re)découvert.

Caroline Webb fait partie de celles dont on dit qu’elles sont comblées par la vie : la quadragénaire mène une existence tranquille, auprès d’un mari médecin amoureux et attentif, d’un fils adolescent sympathique et d’une adorable fillette, Melinda. Mais c’est compter sans la noirceur du souvenir : celui d’une autre petite fille, la blonde et belle Hayley, assassinée vingt ans plus tôt par un pervers jamais identifié. Caroline essaie d’apaiser sa peine mais, le jour de ce qui aurait été le vingt-cinquième anniversaire de Hayley, elle trouve sur la pierre tombale saccagée de celle-ci un bouquet d’orchidées noires et un mot, tracé d’une écriture enfantine : « À Hayley, noir comme le souvenir ». Suit une série de coïncidences troublantes : une voix d’enfant morte appelle sa mère, la poupée de Hayley disparue en même temps que la petite fille réapparaît dans la maison des Webb et une chétive enfant blonde hante l’entourage de Caroline. Bientôt, des meurtres se succèdent et, près du cercueil des victimes, toujours ce même bouquet de fleurs noires accompagné d’un mot rédigé d’une main d’écolière. Qui tente ainsi de ressusciter le passé ? Caroline est-elle en train de sombrer dans la folie ? La mère meurtrie n’aura d’autre choix que d’affronter ses fantômes, d’autant que le cercle mortel se resserre autour de Melinda Machiavélique, cette Carlene Thompson ! Elle tisse une trame qui nous mène à une fin pathétique, d’une émotion rarement atteinte dans les romans à suspense et pourtant, ici, tout à fait logique.

Publié le 14 janvier 2003 à 14 h 21 | Mis à jour le 15 février 2015 à 7 h 41