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Alix Renaud

MOTS ÉTRANGERS, MOTS FRANÇAIS

GUIDE À L'USAGE DE LA PRESSE PARLÉE ET DES COMMUNICATEURS EN GÉNÉRAL

Varia, Montréal, 2006
152 pages
21,95 $

Mon beau-père avait l’habitude de dire que, lorsqu’il allait en Allemagne, il couchait dans des Zimmer, mot qu’il prononçait à l’anglaise. Qu’il ne connût pas l’allemand, ce n’était pas un crime, mais pourquoi ne pas prononcer le mot à la française, voilà ce que je n’ai jamais compris. Bien des journalistes ont le même réflexe ; on l’observe régulièrement pour le nom du coureur allemand Michael Schumacher ; apparemment, Eddie Marney a eu droit pendant quelques heures au même traitement peu flatteur à son décès en 2004.

L’ouvrage d’Alix Renaud a pour but de corriger ces lacunes à condition qu’on le consulte. Et il faut avouer qu’il y a des cas où l’on n’aurait pas tendance à le faire. Personnellement, j’étais convaincu de connaître la bonne prononciation des mots mentor et consensus. Or, il appert que je devrais plutôt dire min-tor et con-sin-susse. Il en va de même pour évêché et quêter, qu’il faut apparemment prononcer évéché et quéter, malgré ce que laisse croire l’accent circonflexe. Et que dire de tungstène (t’un’kstène) ?

À côté de cette fonction corrective que certains trouveront peut-être déplacée, on appréciera certainement la fonction informative, pour les cas où l’on reste tout simplement perplexe devant le mot écrit. Par exemple, est-ce que les patronymes de Frédéric Beigbeder et de Claire Brétecher riment entre eux ? Et n’oublions pas les noms de lieux On fait un petit test ? Lisez la fin du présent paragraphe à voix haute : Anvers, Rouen, Agen, Saint-Ouen, Pont-Aven, le Vaud, les Vosges, Val d’Aoste, Saint-Cloud, Sainte-Menehoud

Outre une nomenclature par ordre alphabétique des mots problématiques avec leur prononciation, l’auteur propose dans une seconde partie un exposé systématique des difficultés propres à chaque phonème ou lettre de l’alphabet en français, suivi d’un exposé équivalent pour les graphies problématiques des autres langues. Manifestement, le guide a été conçu dans un souci de commodité.

Et à la fin, un néologisme est humblement soumis par l’auteur : pompion, qui désigne une faute de langage consistant à escamoter des voyelles ou des syllabes, comme dans « Les pompions combattu l’incendie […] » (« Les pompiers ont combattu l’incendie »), avec quelques exemples glanés ça et là dans notre paysage radiophonique

Publié le 10 mars 2007 à 10 h 22 | Mis à jour le 8 février 2015 à 10 h 05