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NUIT BLANCHE

Pour écrire cette histoire fictive, Jim Fergus est parti d’un fait historique. En 1875, un chef cheyenne proposa au gouvernement américain, et cela le plus sérieusement du monde, d’échanger mille femmes blanches contre mille chevaux (le cheval avait une grande valeur pour les Indiens des Plaines), le but de l’opération étant de faciliter l’intégration du peuple indien à la société blanche. Comme de raison, la proposition fut jugée scandaleuse et l’échange n’eut jamais lieu. Jim Fergus part de cette anecdote et imagine qu’un programme secret d’échange fut entrepris malgré tout, avec un groupe restreint de femmes tirées des asiles et des prisons. Le roman que nous lisons est en fait le journal d’une de ces jeunes femmes, May Dodd (injustement enfermée dans un asile), dont la plume alerte nous entraîne à travers ces 400 pages de drames et d’aventures inoubliables. Car elle est sympathique, la May ! Belle, intelligente, débrouillarde, rebelle et obstinée, elle consigne, jour après jour, les péripéties parfois amusantes, parfois tragiques, de sa nouvelle vie de squaw. Avec elle, un groupe de femmes de divers milieux (une ancienne esclave noire, véritable amazone, qui devient la première femme à entrer dans le clan des guerriers, une Sudiste raciste qui apprend les vertus de la cohabitation, une naturaliste qui devient une « femme médecine », une Suisse gironde, forte comme un homme, etc.) dont elle nous raconte les destins divers. Les écrits colorés de May Dodd sont riches en enseignements sur la culture et la vie quotidienne des Indiens des Plaines et, surtout, son histoire met en relief le problème de la cohabitation impossible entre Indiens et Blancs. La progression inexorable de la « civilisation » blanche va amener la catastrophe finale. Pour écrire ce roman, dont Hollywood a retenu les droits, Jim Fergus a suivi pendant des mois la piste des Cheyennes en Oklahoma, au Kansas, dans le Colorado, le Nebraska, le Wyoming et le Dakota, en plus de lire des dizaines de volumes sur leur culture et leur histoire. Le résultat : une histoire épique, romantique, tragique que l’on ferme avec un petit pincement au cœur quand s’éteint la belle voix de May Dodd.

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