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NUIT BLANCHE

Connivence ou répulsion, parenté ou mépris mutuel, quelle est donc la relation qu’évoque ce titre ? Pendant un temps, la magnifique réflexion que mène Diane-Monique Daviau depuis la mort de sa mère laisse croire que jamais deux êtres n’ont été aussi prédestinés à s’ignorer l’un l’autre sous peine d’intense détestation. Puis, à bien y penser, peut-être maman-la-refrénée et Gainsbourg-le-porc-épic ont-ils trouvé, en entrant tous deux au paradis, leurs dénominateurs communs…

Chose certaine, Diane-Monique Daviau ose dire ce qu’il est convenu de ne jamais proférer. Sa mère ne lui a jamais parlé d’amour. Jamais elle ne lui a permis de vivre son enfance. Toujours la mère a pratiqué ce « tassement sur soi » qui frigorifiait les sentiments. Sans cesse cette mère a pratiqué le chantage auquel il n’est pas de réplique : « Quand je serai morte, vous comprendrez, mais il sera trop tard… » Pourtant, ce livre infiniment juste et émouvant ne se lit pas comme un réquisitoire. Que l’enfant privée d’enfance aimerait trouver les traces de l’amour maternel ! Comme elle voudrait ne pas avoir à confesser l’indicible : « Ma mère ne me manque que morte. »

Nous sommes dans un lieu où le blâme n’a pas cours, mais où l’enfant devenue adulte pense à sa mère qui n’a pas été maman.

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