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John Sillevis

L’UNIVERS BAROQUE DE FERNANDO BOTTERO

Art Services International, Alexandra VI, 2006
283 pages
59,95 $

Le Musée national des beaux-arts du Québec a franchi une nouvelle étape dans son ouverture aux arts du monde en accueillant sur ses cimaises l’art de l’Amérique latine. Et ce faisant, il a invité l’une des plus importantes figures de l’art contemporain latino-américain, Fernando Bottero, dont l’œuvre singulière est à la fois controversée et admirée.

Ce n’est pas sans une mise en contexte que l’on peut, que l’on doit aborder les personnages de Fernando Bottero qui, précise le peintre, ne sont pas gros, mais ont du volume. C’est là déjà une nuance qui peut aider à expliquer le choix de l’artiste de donner de l’emphase à ces hommes et ces femmes, laïcs et religieux, nobles et communs, saints et pécheurs qui habitent ses grands tableaux.

D’où l’importance du catalogue, rédigé en anglais, qu’accompagne un livret publié par le musée avec la traduction française. Dans cet ouvrage, trois experts guident le lecteur à travers le monde d’où est issu Fernando Bottero. John Sillevis, conservateur au Gemeentemuseum à La Haye, aux Pays-Bas, est le commissaire de l’exposition. Il nous précise les références latino-américaines, colombiennes plus précisément, et plus largement européennes dans l’œuvre du peintre-dessinateur qui, presque inévitablement, est devenu sculpteur. Il nous dit la naissance de son style particulier. Le Britannique David Elliot, véritable gourou de l’art contemporain, nous fait réfléchir sur des différences apparemment évidentes entre des notions simples, différences qui prennent pourtant toute leur importance dans une analyse de l’œuvre de Bottero : celles entre réalisme et réalité, le souvenir et le présent vécu

On parle souvent du succès commercial de Bottero, des prix qu’atteignent ses tableaux aux enchères. Mais sait-on que cette œuvre est controversée, jugée sévèrement par certains ? Pour ceux qui découvrent ce monde, qui hésitent, on le comprend bien, à se prononcer, le texte d’Edward J. Sullivan est d’une grande utilité. Professeur d’art latino-américain contemporain à New York University, il passe en revue la perception qu’ont ses confrères américains de l’art de Fernando Bottero. Il apporte ainsi des arguments à évaluer, à réviser afin de se faire une opinion personnelle.

Le catalogue est richement illustré et les œuvres (peintures, dessins et sculptures) sont individuellement commentées. C’est comme se faire accompagner par le commissaire dans une visite de l’exposition. Et ça aussi, c’est précieux.

Publié le 21 juin 2007 à 9 h 23 | Mis à jour le 21 juin 2007 à 9 h 23