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Maurizio Gatti

LITTÉRATURE AMÉRINDIENNE DU QUÉBEC

ÉCRITS DE LANGUE FRANÇAISE

Hurtubise HMH, Montréal, 2004
271 pages
29,95 $

Étudiant italien inscrit à l’Université Laval, Maurizio Gatti a choisi de consacrer ses études doctorales à la littérature amérindienne. À l’issue d’une recherche faite dans de nombreuses communautés du Québec, Maurizio Gatti est parvenu à dresser un panorama qui embrasse 73 textes d’une trentaine d’auteurs amérindiens encore méconnus : des contes, des extraits d’œuvres romanesques, des poèmes, des récits et des témoignages.

L’introduction dans laquelle l’auteur tente, non sans certaines précautions oratoires, de définir la littérature amérindienne, qu’il qualifie de « littérature émergente », se termine sur ces mots : « Ce recueil, je l’espère, fournira aux Amérindiens un outil pédagogique de première main pour diffuser et valoriser leur culture, tout en offrant aux chercheurs un instrument de référence fiable et un ensemble textuel original et agréable à lire ».

Le pari de rendre accessible au plus grand nombre un ensemble de textes contemporains édités par des Amérindiens du Québec qui ont choisi de s’exprimer en français est relevé, même s’il reste frustrant de n’avoir accès qu’à des extraits dont la concision est parfois déroutante. Les notes bibliographiques seront néanmoins précieuses pour les lecteurs désireux d’en connaître davantage. Et il y en aura, sans contredit. Pour lire Éléonore Sioui, née à Wendake en 1925, auteure d’une poésie ardente qui semble hésiter entre délicatesse et cynisme : « Lire, essayer de comprendre et sangloter / Quelle pitié, et personne ne m’entend ». Ou Charles Coocoo, de la communauté de Wemotaci, chantre de la nature et de la spiritualité atikamekw. Ou encore Jean Sioui et ses maximes qui font mouche à tous coups : « Le bon chasseur sait écouter les bruits de son territoire / Le bon père sait écouter les bruits de sa maison ».

« Il fallait bien arriver d’Italie pour ouvrir d’abord une oreille impartiale, puis un œil intègre, neuf, sur ces mots qui, depuis belle lurette, n’étaient plus ces signaux de fumée qui autrefois montaient se mêler aux nuages, sans nous livrer leurs secrets », prévient Robert Lalonde, en préface de ce petit florilège dont il faut, aussi, apprécier la belle illustration de la couverture.

Une superbe entreprise qu’il convient de souligner.

Publié le 2 juin 2005 à 11 h 20 | Mis à jour le 28 décembre 2014 à 17 h 52